Comment parler de la maladie à ses enfants et petits-enfants ?

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Annoncer la maladie d’Alzheimer à un enfant, un adolescent ou un jeune adulte est souvent source d’angoisse pour les proches. Que dire ? À quel âge ? Avec quels mots ? Et surtout… comment protéger sans mentir ?

Les neurosciences nous montrent aujourd’hui qu’un silence prolongé ou des non-dits sont souvent plus anxiogènes que des explications simples, adaptées à l’âge et répétées dans le temps.

Parler de la maladie, ce n’est pas inquiéter : c’est sécuriser le cerveau émotionnel, préserver le lien et éviter les interprétations erronées.

1. Pourquoi il est essentiel d’en parler même quand c’est difficile ?

Le cerveau humain (et en particulier celui de l’enfant) cherche du sens. Quand un proche change de comportement sans explication, l’enfant comble les vides… souvent avec des scénarios plus inquiétants que la réalité.

Les études en psychologie développementale montrent que :

  • les enfants informés présentent moins d’anxiété à long terme,
  • ils développent une meilleure capacité d’adaptation,
  • ils se sentent inclus, reconnus, et donc en sécurité.

👉 Dire la vérité, avec des mots adaptés, protège bien plus que le silence.

2. Adapter le discours selon l’âge : 3 catégories clés

 

👶 Avec les jeunes enfants (environ 3 à 7 ans)

À cet âge, le cerveau fonctionne surtout par images et émotions.

Ce qu’il faut absolument dire :

  • Ce n’est pas une maladie contagieuse
  • Ce n’est pas de ta faute
  • La personne t’aime toujours, même si elle agit différemment

Exemple concret :

« Le cerveau de papi est un peu fatigué. Il oublie des choses, comme quand une lumière s’éteint sans prévenir. Mais il t’aime toujours autant. »

⚠ Éviter les mots trop abstraits (dégénérescence, neurones, maladie grave).

🧠 Neurocapsule : Le cerveau de l’enfant

Chez l’enfant, le cerveau émotionnel est très réactif. Sans explication claire, il peut croire :

  • qu’il est responsable,
  • que la maladie est contagieuse,
  • ou que l’adulte va “disparaître”.

👉 Une explication simple apaise immédiatement l’amygdale, la zone du stress.

🎓 Avec les adolescents

Les adolescents comprennent intellectuellement la maladie, mais leur cerveau émotionnel est encore très sensible.

Ils peuvent :

  • minimiser,
  • éviter le sujet,
  • ou réagir avec colère ou indifférence.

Exemple de phrase adaptée :

« Tu peux comprendre ce qui se passe sans avoir à tout gérer. Tu as le droit d’être triste, en colère… ou de penser à autre chose. »

👉 Il est fondamental de rappeler :

  • qu’ils ne sont pas responsables,
  • qu’ils n’ont pas à devenir aidants,
  • que leurs émotions sont légitimes.

🧠 Neurocapsule : Le cerveau de l’adolescent face à la maladie

À l’adolescence, le cerveau est en pleine restructuration. Les zones émotionnelles sont très actives, tandis que celles de la régulation sont encore en maturation.

Résultat :

  • des émotions intenses,
  • des réactions parfois contradictoires,
  • un besoin d’autonomie + un besoin de sécurité en contradiction.

Les neurosciences montrent que :

  • être informé réduit le stress chronique,
  • pouvoir parler sans jugement protège la santé mentale,
  • rester reconnu comme adolescent (et non comme aidant) est essentiel.

👉 Clé LIEN : sécuriser l’émotion sans sur-responsabiliser.

👩 Avec les jeunes adultes

Ils comprennent la maladie, mais peuvent être submergés par l’anticipation de la perte.

Exemple concret :

« La maladie évolue, mais aujourd’hui nous nous concentrons sur ce qui est encore possible. On avance étape par étape. »

👉 Les inclure dans les échanges renforce le lien et évite l’isolement émotionnel.

3. Les erreurs fréquentes à éviter

  • Minimiser la maladie
  • Utiliser des métaphores anxiogènes (il perd la tête)
  • Demander à l’enfant d’être fort
  • Lui confier un rôle d’aidant implicite

👉 L’objectif n’est pas de tout dire, mais de dire de manière juste.

📚 Livres pour vous aider à parler de la maladie aux enfants et adolescents

Pour les enfants :

  • La mémoire envolée de Nathalie Somers
  • Grand-père est devenu transparent de Didier Lévy

Pour les adolescents :

  • Vivre avec un parent atteint d’Alzheimer de France Alzheimer
  • Quand la mémoire s’en va de la Fondation Médéric Alzheimer

Ces supports facilitent la compréhension et ouvrent le dialogue.

🎁 Ressource gratuite

👉 La boîte à outils de l’aidant est offerte. C’est un ensemble de check-lists et fiches pratiques pour alléger la charge mentale :

  • Checklist matin serein
  • Checklist soirée apaisée
  • Rendre l’environnement visible
  • Communiquer sans tension
  • Sortie réussie
  • Gestion des situations difficiles
  • Suivi bien-être
  • Préparer un rendez-vous médical
  • Activité adaptée en 5 minutes
  • Je prends soin de moi

Un soutien concret pour accompagner toute la famille, y compris les enfants.

Sources scientifiques

  • Gopnik et al., The Scientist in the Crib, Harvard University
  • Siegel, The Developing Mind , Guilford Press
  • National Institute on Aging (NIH), Alzheimer & family communication
  • Fondation Médéric Alzheimer : enfants et maladie neurodégénérative
  • INSERM : émotions, stress et développement cérébral

FAQ

Faut-il dire la vérité aux enfants sur la maladie d’Alzheimer ?

Oui, mais avec des mots adaptés à leur âge. Les études en neurosciences et en psychologie montrent que les enfants informés ressentent moins d’anxiété que ceux confrontés au silence ou aux non-dits.

 

À partir de quel âge peut-on expliquer la maladie d’Alzheimer ?

Il n’y a pas d’âge précis. Dès 3 ou 4 ans, un enfant perçoit les changements. L’important est d’utiliser des explications simples, concrètes et rassurantes, quitte à les répéter dans le temps.

 

Est-il important de dire que la maladie n’est pas contagieuse ?

Oui, c’est essentiel, surtout chez les jeunes enfants. Leur pensée étant encore très concrète, ils peuvent craindre d’attraper la maladie ou d’en être responsables.

 

Que dire à un enfant qui a peur que le parent ou le grand-parent meure ?

Il faut reconnaître l’émotion sans entrer dans des projections anxiogènes :

« La maladie fait changer certaines choses, mais aujourd’hui on est là ensemble. »

Cela aide à apaiser le cerveau émotionnel sans mentir.

 

Comment parler de la maladie à un adolescent sans le surcharger ?

L’adolescent doit être informé, mais jamais placé dans un rôle d’aidant. Il est important de lui rappeler qu’il a le droit de continuer à vivre sa vie d’adolescent, avec ses projets et ses préoccupations.

 

Faut-il impliquer les enfants dans l’accompagnement ?

Ils peuvent participer de façon ponctuelle et choisie (un dessin, une visite courte), mais jamais par obligation. Le lien doit rester affectif, jamais contraignant.

 

Les réactions de colère ou de retrait chez l’adolescent sont-elles normales ?

Oui. Le cerveau adolescent est en pleine maturation émotionnelle. Ces réactions sont souvent des mécanismes de protection face à l’impuissance ou à la peur.

 

Les livres peuvent-ils vraiment aider les enfants à comprendre ?

Oui. Les supports narratifs facilitent la compréhension émotionnelle et permettent d’ouvrir le dialogue sans pression directe.

Alzy récapitule pour vous : 

  • Parler de la maladie protège émotionnellement les enfants

 

  • Le discours doit être adapté à l’âge et au développement cérébral

 

  • La maladie n’est ni contagieuse, ni causée par l’enfant. C’est très important de le dire

 

  • Le lien émotionnel compte plus que les mots parfaits

 

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