Aidants Alzheimer : 6 erreurs fréquentes et comment les éviter

Les erreurs les plus fréquentes des aidants et comment les éviter

puzzle alzheimer

Aider un proche atteint de la maladie d’Alzheimer n’est pas inné. C’est un rôle que l’on endosse souvent sans formation, sans repères, et sous une forte charge émotionnelle.

👉 Faire des erreurs ne signifie ni mal faire, ni mal aimer.
Cela signifie simplement que le cerveau humain agit avec ce qu’il connaît et ce qu’il peut, à cet instant précis.

La bonne nouvelle : ces erreurs sont fréquentes, compréhensibles et évitables.

  1. Ce que disent les neurosciences

Les neurosciences montrent que le stress chronique et la fatigue émotionnelle activent chez l’aidant les circuits cérébraux de l’urgence et de la survie (amygdale), au détriment des zones de réflexion et d’empathie (cortex préfrontal).

👉 Résultat :

  • Des réactions automatiques,
  • De l’irritabilité,
  • Une perte de patience.

Objectif réaliste :  ne pas être un aidant parfait, mais un aidant outillé et soutenu.

Erreur n°1 : Corriger sans cesse

 

 « Non, ce n’est pas comme ça. »
« Tu te trompes encore. »

Pourquoi c’est une erreur ?

La correction répétée active chez la personne vivant avec la maladie d’Alzheimer :

  • le sentiment d’échec,
  • la honte,
  • parfois l’opposition ou le retrait.

Le cerveau Alzheimer ne peut plus corriger durablement ses erreurs.

Micro-action concrète

👉 Remplacer la correction par la validation émotionnelle :

  • « D’accord, je te suis. »
  • « On va faire autrement ensemble. »

🧩 Méthode LIEN : le lien avant la vérité.

Erreur n°2 : Aller trop vite

L’aidant pense souvent :

« Si je fais plus vite, ce sera plus simple. »

Pourquoi c’est une erreur ?

La vitesse surcharge la mémoire de travail et augmente l’anxiété, ce qui provoque :

Micro-action concrète

👉 Appliquer la règle du 1–1–1 :

  • 1 consigne,
  • 1 geste,
  • 1 pause.

🧩 Méthode LIEN : respecter le rythme, c’est sécuriser.

concept recuperation espacee

Erreur n°3 : Trop expliquer

Face à l’incompréhension, l’aidant parle davantage.

Pourquoi c’est une erreur ?

Le cerveau atteint par Alzheimer a des difficultés à :

  • traiter les phrases longues,
  • suivre une logique complexe,
  • mémoriser une explication verbale.

Micro-action concrète

👉 Réduire volontairement :

  • phrases de moins de 7 mots,
  • gestes visibles,
  • ton calme.

🧩 Méthode LIEN : moins de mots, plus de clarté.

jeune furieux alz

Erreur n°4 : Prendre les réactions personnellement

Colère, agressivité, refus…
👉 Beaucoup d’aidants se sentent blessés.

Pourquoi c’est une erreur ?

Ces comportements sont liés :

  • à la peur,
  • à la perte de repères,
  • à l’atteinte neurologique.

Ils ne sont pas dirigés contre vous.

Micro-action concrète

👉 Phrase mentale de protection :

« Ce n’est pas volontaire. Ce n’est pas contre moi. »

🧩 Méthode LIEN® : comprendre avant de répondre.

Erreur n°5 : Oublier l’environnement

Un environnement confus fatigue le cerveau.

Pourquoi c’est une erreur ?

Les neurosciences montrent que le cerveau Alzheimer dépend fortement :

  • des repères visuels,
  • de la prévisibilité,
  • de la répétition.

Micro-action concrète

👉 Chaque pièce = 1 fonction claire
👉 Moins de choix, plus de lisibilité.

🧩 Méthode LIEN : l’environnement est un soin.

Erreur n°6 : S’oublier soi-même

Beaucoup d’aidants pensent :

« Je dois tenir. »

Pourquoi c’est une erreur

Un aidant épuisé :

  • perd sa capacité d’ajustement,
  • s’épuise émotionnellement,
  • augmente le risque de burn-out.

Micro-action concrète

👉 S’autoriser un petit oui pour soi par jour
(même 5 minutes).

🧩 Méthode LIEN : prendre soin de soi protège la relation.

Neurocapsule : Pourquoi on répète ces erreurs ?

Sous stress, le cerveau humain fonctionne en mode automatique.
Sans outils, il répète ce qu’il connaît.

👉 Plus un aidant est soutenu,
👉 plus il peut ajuster ses réponses.

C’est exactement le cœur de la méthode LIEN.

📦 La ressource pour éviter ces erreurs

👉 La boîte à outils de l’aidant est offerte

Elle contient :

  • checklist matin serein
  • checklist soirée apaisée
  • fiche rendre l’environnement visible
  • fiche communiquer sans tension
  • fiche sortie réussie
  • fiche gestion des situations difficiles
  • fiche suivi bien-être
  • fiche préparer un rendez-vous médical
  • fiche activité adaptée en 5 minutes
  • fiche je prends soin de moi

➡️ Téléchargement gratuit

Sources scientifiques

INSERM – Maladie d’Alzheimer
https://www.inserm.fr/dossier/maladie-dalzheimer/

Haute Autorité de Santé (HAS) – Accompagnement des aidants
https://www.has-sante.fr

Livingston G. et al., The Lancet (2020, 2024)
Dementia prevention, intervention, and care
https://www.thelancet.com/commissions/dementia-prevention-intervention-care

Eustache F. – Les chemins de la mémoire, Odile Jacob

McEwen B. – Stress and brain plasticity
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/

FAQ

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes des aidants Alzheimer ?

Les erreurs les plus fréquentes sont corriger sans cesse, aller trop vite, trop expliquer, prendre les réactions personnellement, négliger l’environnement et s’oublier soi-même.

 

Pourquoi les aidants font-ils ces erreurs malgré leur bonne volonté ?

Parce que le stress, la fatigue émotionnelle et la charge mentale activent des réactions automatiques du cerveau, réduisant la patience et la capacité d’adaptation.

 

Corriger une personne atteinte d’Alzheimer est-il utile ?

Non. Corriger régulièrement renforce le sentiment d’échec et l’anxiété. Il est préférable de valider l’émotion et d’accompagner autrement.

 

Comment éviter les conflits au quotidien avec un proche malade ?

En ralentissant le rythme, en utilisant des phrases courtes, en donnant une consigne à la fois et en sécurisant l’environnement.

 

L’environnement peut-il vraiment aider une personne Alzheimer ?

Oui. Un environnement lisible et structuré réduit la confusion, l’agitation et favorise le sentiment de sécurité.

 

Pourquoi est-il important que l’aidant prenne soin de lui-même ?

Un aidant épuisé est plus irritable et moins disponible. Prendre soin de soi permet de préserver la relation et d’éviter l’épuisement.

 

Alzy récapitule pour vous : 

  • Les erreurs des aidants sont humaines

  • Elles ne sont ni une faute, ni un échec

  • Des ajustements simples changent le quotidien

  • Être aidant s’apprend, pas à pas

 

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Comment parler de la maladie d’Alzheimer aux enfants et adolescents

Comment parler de la maladie à ses enfants et petits-enfants ?

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Annoncer la maladie d’Alzheimer à un enfant, un adolescent ou un jeune adulte est souvent source d’angoisse pour les proches. Que dire ? À quel âge ? Avec quels mots ? Et surtout… comment protéger sans mentir ?

Les neurosciences nous montrent aujourd’hui qu’un silence prolongé ou des non-dits sont souvent plus anxiogènes que des explications simples, adaptées à l’âge et répétées dans le temps.

Parler de la maladie, ce n’est pas inquiéter : c’est sécuriser le cerveau émotionnel, préserver le lien et éviter les interprétations erronées.

1. Pourquoi il est essentiel d’en parler même quand c’est difficile ?

Le cerveau humain (et en particulier celui de l’enfant) cherche du sens. Quand un proche change de comportement sans explication, l’enfant comble les vides… souvent avec des scénarios plus inquiétants que la réalité.

Les études en psychologie développementale montrent que :

  • les enfants informés présentent moins d’anxiété à long terme,
  • ils développent une meilleure capacité d’adaptation,
  • ils se sentent inclus, reconnus, et donc en sécurité.

👉 Dire la vérité, avec des mots adaptés, protège bien plus que le silence.

2. Adapter le discours selon l’âge : 3 catégories clés

 

👶 Avec les jeunes enfants (environ 3 à 7 ans)

À cet âge, le cerveau fonctionne surtout par images et émotions.

Ce qu’il faut absolument dire :

  • Ce n’est pas une maladie contagieuse
  • Ce n’est pas de ta faute
  • La personne t’aime toujours, même si elle agit différemment

Exemple concret :

« Le cerveau de papi est un peu fatigué. Il oublie des choses, comme quand une lumière s’éteint sans prévenir. Mais il t’aime toujours autant. »

⚠ Éviter les mots trop abstraits (dégénérescence, neurones, maladie grave).

🧠 Neurocapsule : Le cerveau de l’enfant

Chez l’enfant, le cerveau émotionnel est très réactif. Sans explication claire, il peut croire :

  • qu’il est responsable,
  • que la maladie est contagieuse,
  • ou que l’adulte va “disparaître”.

👉 Une explication simple apaise immédiatement l’amygdale, la zone du stress.

🎓 Avec les adolescents

Les adolescents comprennent intellectuellement la maladie, mais leur cerveau émotionnel est encore très sensible.

Ils peuvent :

  • minimiser,
  • éviter le sujet,
  • ou réagir avec colère ou indifférence.

Exemple de phrase adaptée :

« Tu peux comprendre ce qui se passe sans avoir à tout gérer. Tu as le droit d’être triste, en colère… ou de penser à autre chose. »

👉 Il est fondamental de rappeler :

  • qu’ils ne sont pas responsables,
  • qu’ils n’ont pas à devenir aidants,
  • que leurs émotions sont légitimes.

🧠 Neurocapsule : Le cerveau de l’adolescent face à la maladie

À l’adolescence, le cerveau est en pleine restructuration. Les zones émotionnelles sont très actives, tandis que celles de la régulation sont encore en maturation.

Résultat :

  • des émotions intenses,
  • des réactions parfois contradictoires,
  • un besoin d’autonomie + un besoin de sécurité en contradiction.

Les neurosciences montrent que :

  • être informé réduit le stress chronique,
  • pouvoir parler sans jugement protège la santé mentale,
  • rester reconnu comme adolescent (et non comme aidant) est essentiel.

👉 Clé LIEN : sécuriser l’émotion sans sur-responsabiliser.

👩 Avec les jeunes adultes

Ils comprennent la maladie, mais peuvent être submergés par l’anticipation de la perte.

Exemple concret :

« La maladie évolue, mais aujourd’hui nous nous concentrons sur ce qui est encore possible. On avance étape par étape. »

👉 Les inclure dans les échanges renforce le lien et évite l’isolement émotionnel.

3. Les erreurs fréquentes à éviter

  • Minimiser la maladie
  • Utiliser des métaphores anxiogènes (il perd la tête)
  • Demander à l’enfant d’être fort
  • Lui confier un rôle d’aidant implicite

👉 L’objectif n’est pas de tout dire, mais de dire de manière juste.

📚 Livres pour vous aider à parler de la maladie aux enfants et adolescents

Pour les enfants :

  • La mémoire envolée de Nathalie Somers
  • Grand-père est devenu transparent de Didier Lévy

Pour les adolescents :

  • Vivre avec un parent atteint d’Alzheimer de France Alzheimer
  • Quand la mémoire s’en va de la Fondation Médéric Alzheimer

Ces supports facilitent la compréhension et ouvrent le dialogue.

🎁 Ressource gratuite

👉 La boîte à outils de l’aidant est offerte. C’est un ensemble de check-lists et fiches pratiques pour alléger la charge mentale :

  • Checklist matin serein
  • Checklist soirée apaisée
  • Rendre l’environnement visible
  • Communiquer sans tension
  • Sortie réussie
  • Gestion des situations difficiles
  • Suivi bien-être
  • Préparer un rendez-vous médical
  • Activité adaptée en 5 minutes
  • Je prends soin de moi

Un soutien concret pour accompagner toute la famille, y compris les enfants.

Sources scientifiques

  • Gopnik et al., The Scientist in the Crib, Harvard University
  • Siegel, The Developing Mind , Guilford Press
  • National Institute on Aging (NIH), Alzheimer & family communication
  • Fondation Médéric Alzheimer : enfants et maladie neurodégénérative
  • INSERM : émotions, stress et développement cérébral

FAQ

Faut-il dire la vérité aux enfants sur la maladie d’Alzheimer ?

Oui, mais avec des mots adaptés à leur âge. Les études en neurosciences et en psychologie montrent que les enfants informés ressentent moins d’anxiété que ceux confrontés au silence ou aux non-dits.

 

À partir de quel âge peut-on expliquer la maladie d’Alzheimer ?

Il n’y a pas d’âge précis. Dès 3 ou 4 ans, un enfant perçoit les changements. L’important est d’utiliser des explications simples, concrètes et rassurantes, quitte à les répéter dans le temps.

 

Est-il important de dire que la maladie n’est pas contagieuse ?

Oui, c’est essentiel, surtout chez les jeunes enfants. Leur pensée étant encore très concrète, ils peuvent craindre d’attraper la maladie ou d’en être responsables.

 

Que dire à un enfant qui a peur que le parent ou le grand-parent meure ?

Il faut reconnaître l’émotion sans entrer dans des projections anxiogènes :

« La maladie fait changer certaines choses, mais aujourd’hui on est là ensemble. »

Cela aide à apaiser le cerveau émotionnel sans mentir.

 

Comment parler de la maladie à un adolescent sans le surcharger ?

L’adolescent doit être informé, mais jamais placé dans un rôle d’aidant. Il est important de lui rappeler qu’il a le droit de continuer à vivre sa vie d’adolescent, avec ses projets et ses préoccupations.

 

Faut-il impliquer les enfants dans l’accompagnement ?

Ils peuvent participer de façon ponctuelle et choisie (un dessin, une visite courte), mais jamais par obligation. Le lien doit rester affectif, jamais contraignant.

 

Les réactions de colère ou de retrait chez l’adolescent sont-elles normales ?

Oui. Le cerveau adolescent est en pleine maturation émotionnelle. Ces réactions sont souvent des mécanismes de protection face à l’impuissance ou à la peur.

 

Les livres peuvent-ils vraiment aider les enfants à comprendre ?

Oui. Les supports narratifs facilitent la compréhension émotionnelle et permettent d’ouvrir le dialogue sans pression directe.

Alzy récapitule pour vous : 

  • Parler de la maladie protège émotionnellement les enfants

 

  • Le discours doit être adapté à l’âge et au développement cérébral

 

  • La maladie n’est ni contagieuse, ni causée par l’enfant. C’est très important de le dire

 

  • Le lien émotionnel compte plus que les mots parfaits

 

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