Maladie d’Alzheimer : comment gérer les cris et les pleurs

MALADIE D’ALZHEIMER : COMMENT GÉRER LES CRIS ET LES PLEURS

soutien affectif fin de vie

Accompagner au quotidien une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer ou un autre type de démence, ce n’est pas facile tous les jours. Votre proche peut s’énerver facilement, pleurer ou devenir violent dans ses paroles et dans ses gestes. Et ce n’est pas toujours le sundowning syndrom qui est en cause. Du coup, vous entrez dans un véritable parcours du combattant, car vous essayez de votre mieux de lui proposer des activités, mais il refuse tout en bloc.

Dans un premier temps, on se demandera pourquoi votre proche agit de cette manière. Puis, dans un second temps, nous étudierons les causes possibles de crises. Et nous conclurons, sur quelques conseils pour les éviter.

I – POURQUOI VOTRE PROCHE AGIT DE CETTE MANIÈRE ?

 

 

Il faut tout d’abord garder à l’esprit que votre proche surréagit, car il ne voit pas la situation qui a provoqué le changement dans son comportement de la même manière que vous.

Les personnes atteintes de troubles de type démence se fatiguent très vite. Tout ce qui vous paraît naturel, leur demande beaucoup d’effort de leur côté que cela soit les gestes exécutifs ou encore tenir une conversation. Par conséquent à la fin de la journée, elles sont épuisées et au bord de la crise de nerfs.

Si vous vous mettez à leur place lorsque vous êtes épuisé, vous auriez probablement eu la même réaction.

De plus, les personnes atteintes de troubles neurodégénératifs ont souvent l’impression d’être totalement débordés et la perte de concentration leur fait faire la même chose plusieurs fois donc, le monde va toujours trop vite.

Il faut aussi retenir qu’elles sont très sensibles au stress. Imaginez une journée où vous avez des choses à faire, mais qu’il vous faut le double ou le triple de temps pour faire qu’une seule tâche, c’est difficile de ne pas perdre son sang froid. Et encore plus, quand on vous reproche de ne rien faire ou de ne pas aller assez vite pour le faire.

Dernier facteur à ne pas négliger, l’acceptation de la maladie. Votre proche perd son autonomie de plus en plus et parvient à faire de moins en moins de choses. Cela peut être compliqué à supporter. Les larmes ou la colère peut arriver très vite voir parfois votre proche vous mettra en accusation pour son échec.

senior faché

II- QUELLES PEUVENT ÊTRE LES CAUSES DES CRISES ?

Voici une petite liste non exhaustive des raisons possibles de crises.

 Penser à plusieurs choses en même temps (par exemple : toutes les étapes pour prendre une douche)

 Essayer de faire quelque chose qui est devenu trop difficile (par exemple : fermer un gilet avec des petits boutons)

 Le fait que l’aidant soit contrarié (votre proche est une véritable éponge, il ressent vos émotions donc, si vous avez du mal à rester zen et souriant, il se braquera. C’est l’effet miroir

 La peur de passer pour une personne incapable (par exemple répondre aux questions d’un spécialiste lors d’un rendez-vous médical)

 Être pressé. Les seniors en général et les personnes atteintes de démence ont besoin de temps pour faire les choses. Leurs mouvements sont plus lents. Si vous entendez parfois : il n’y a pas le feu, ou minute papillon, ce n’est pas pour des clopinettes

 Un problème de compréhension. Il se peut aussi que votre proche n’est pas compris ce qu’on lui a demandé, ou encore ce qu’il a vu ou entendu

 La douleur ou la fatigue. En cas de douleur, on se focalise dessus et en ce qui concerne la fatigue tout le monde connaît l’effet qu’elle provoque sur la patience et les émotions.

 Un problème de communication. Votre proche a des troubles du langage. Crier ou pleurer c’est sa façon de communiquer avec vous. Il vous exprime un besoin insatisfait.

 L’infantiliser. Votre proche veut être considéré d’égal à égal. Il est un adulte, pas un enfant. Je sais que vous allez me dire que vous faites de plus en plus à sa place et que par conséquent vous avez l’impression qu’il redevient un enfant. Ce n’est pas de cela dont je vous parle, mais plutôt des mots que vous utilisez parfois sans vous en rendre compte. Comment le prendriez-vous si vos enfants vous parlaient comme si vous étiez un enfant ?

III – COMMENT DÉSAMORCER UNE CRISE ?

 

  • Son traitement médicamenteux. Si ce dernier a été changé récemment cela peut être un effet secondaire. Ou encore un problème de dosage. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre médecin traitant

 

  • Besoin de se sentir utile. C’est primordial pour tout individu y compris votre proche. On se sent mieux dans sa vie lorsque l’on est dans le contrôle. Votre job est de détecter si l’activité qu’il est en train de faire peut le stresser. Votre but est d’éviter la mise en échec. Par exemple : votre proche fait la vaisselle, l’égouttoir est plein et il reste des choses à laver. Prenez la relève et proposez-lui d’essuyer. Ou encore de vous préparer un café en attendant.

 

  • Installer des routines. Les réactions extrêmes sont des répercussions du stress. Arrangez-vous toujours pour offrir des activités adaptées à votre proche. Les objets restent à leurs places, même si sa logique n’est pas la vôtre. Votre proche sait qu’il doit plier et ranger sa serviette en fin de repas, ou nettoyer la table…

 

  • Simplifier les activités. Votre proche commence à avoir du mal avec les petits boutons, changez-les pour des plus gros et si cela ne convient pas passer à la fermeture zippée. Il aime jardiner, plantez un seul légume ou fruit plutôt que plusieurs avec des techniques différentes. Levez un bol est compliqué, prenez un mug

 

  • Des activités au bon moment. Votre proche se sent douloureux au réveil, optez pour la douche après le petit-déjeuner. Vous voulez faire travailler sa mémoire, faites-le de préférence le matin, le soir doit être consacré aux activités reposantes.

 

  • On procède par étape. Votre but, éviter la mise en échec et le stress. Il est difficile pour votre proche atteint de troubles neurodégénératifs de penser à plusieurs choses à la fois. S’il est encore assez autonome, pensez au séquençage. Une image vaut mille mots. (par exemple pour prendre la douche, s’habiller et inversement ou encore aller aux toilettes). Si vous devez l’aider dans les gestes, dites-lui ce qu’il doit faire et féliciter-le. Par exemple : déboutonne ton pantalon. Super. Descend ton pantalon sur tes chevilles. Parfait. Maintenant on descend le slip…

Ainsi votre proche reste autonome et sait qu’il fait ce qu’il doit faire de la bonne manière.

 

  • Le stress arrive, on stoppe tout. Si votre proche commence à s’agiter et que vous êtes occupé, arrêtez tout pour l’aider à se calmer. Vous gagnerez plus de temps en faisant des pauses qu’en vous opposant à lui.

 

  • On s’éloigne. En changeant d’environnement la personne peut oublier ce qui l’a stressée et se calmer. Par exemple, une salle d’attente remplie d’inconnus.

 

  • On reste calme. Oui, je sais c’est plus facile à dire qu’à faire, mais perdre votre sang froid vous fera plus de tort que du bien. Et c’est parfaitement légitime quand on connaît la charge mentale qui pèse sur vous. Vous sentez que vous allez craquer, sortez de la pièce, respirer profondément et calmement. Si vous le pouvez passer le relais à quelqu’un d’autre. Si c’est impossible revenez quand la pression sera descendue à nouveau. Il est possible qu’entre temps votre proche est complètement oublié ce qui a provoqué ce malaise.

 

  • Pas d’argumentation ou de raisonnement. Si votre proche est en crise, penser et s’exprimer est encore plus difficile pour lui. L’argumentation ne servira à rien, car votre proche peut considérer cela comme de la colère. Changez de sujet ou d’activité.

 

  • Ne le touchez pas (sauf en cas de mise en danger). Votre geste peut être mal interprété et votre proche peut croire que vous chercher à l’immobiliser et donc il sera encore plus en colère. Même lui tenir la main peut parfois être vécue comme une agression bien que cela dépende du caractère de votre proche.

 

  • On fait le vide. Vous êtes plusieurs dans la pièce ? il y a probablement trop d’information à traiter pour lui. N’oubliez pas que c’est déjà épuisant pour lui de suivre une conversation alors plusieurs, vous imaginez ? De plus, si vous avez laissé une radio ou une télé allumée, éteignez-les, car votre proche entend une voix d’une personne qui ne voit pas, il peut penser qu’il y a un étranger chez lui.

 

  • On analyse le problème. Achetez-vous un cahier afin de noter les crises de votre proche pour que vous puissiez les analyser. N’hésitez pas à vous reporter à la vidéo de ma chaine youtube sur comment analyser un trouble du comportement. Votre analyse peut vous aider à régler certaines crises

 

Remarque : il est possible que vous ayez l’impression qu’aucune de ces astuces fonctionnent pour vous et c’est peut-être le cas la maladie d’Alzheimer étant proche à chacun.

Alzy récapitule pour vous :

– Les cris et les pleurs chez une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer ou une apparentée révèlent un besoin non satisfait

– Il est important de garder son calme et d’analyser la situation qui a provoqué les troubles du comportement

 

– Il existe de nombreuses manières de désamorcer les crises

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Maladie d’Alzheimer : le sundowning syndrom

MALADIE D’ALZHEIMER : LE SUNDOWNING SYNDROM

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Lorsque l’on accompagne une personne atteinte de troubles cognitifs, ce n’est pas facile tous les jours. Un aidant sur cinq pourra observer en début de soirée un changement de comportement de son proche, c’est ce que les experts nomment le sundowning syndrom ou syndrome du coucher de soleil, ou encore syndrome crépusculaire. Il faut noter que cela peut aussi toucher des personnes souffrant d’autres démences que la maladie d’Alzheimer.

Dans une première partie, nous définirons le sundwoning et comment le repérer. Puis, dans une deuxième partie nous analyserons les causes. Avant de conclure par des conseils pour gérer cette étape délicate.

I – QU’EST-CE QUE LE SUNDOWNING SYNDROM ?

 

 

DÉFINITION

Le sundowning syndrom est constitué de symptômes neuropsychiatriques qui apparaissent en fin d’après-midi, en soirée ou encore pendant la nuit chez les personnes atteintes.

Remarque : il ne faut pas le confondre avec l’état crépusculaire (terme psychiatrique) qui désigne une baisse plus ou moins importante et durable de la vigilance, mais conserve parfois des automatismes élaborés. C’est ce que l’on peut observer chez les épileptiques ou les somnambules, par exemple.

Il faut savoir que ce syndrome est connu depuis fort longtemps c’est également de lui dont on parlait à l’époque quand on utilisait l’expression : agitation de l’heure des ténèbres.

COMMENT REPÉRER LE SUNDOWNING SYNDROM ?

Avant toute chose, il faut que vous observiez l’heure de la journée, le sundowning fait son apparition vers 17-18 heures en fonction de la saison, évidemment.

Deuxième point, examinez le comportement de votre proche. Le sundowning se manifeste par :

– Une déambulation importante : leur nombre augmente au fil de la journée)

– Des « fugues » : Votre proche exprime son besoin de partir du lieu où il se trouve pour aller quelque-part (chez lui, rejoindre un parent décédé, aller se promener…

– une désorientation : votre proche se perd dans un quartier où il s’oriente facilement d’habitude, ou même à l’intérieur du domicile

– des pleurs ou de la tristesse : votre proche a peur d’être seul

– de l’agressivité : votre proche se met à crier, a des sautes d’humeur soudaine

– de la confusion : votre proche ne vous reconnaît plus, demande à rentrer à son domicile alors qu’il s’y trouve

– de l’agitation : il n’arrive pas à rester assis calmement, il répète toujours les mêmes demandes

– Des hallucinations

Remarque : Votre proche peut être atteint à un stade moins avancé et dans ce cas-là il sera plus anxieux en fin de journée. Il peut également ne pas avoir l’ensemble de troubles de la liste ci-dessus.

femme assoupie

II- QUELLES SONT LES CAUSES DU SUNDOWNING ?

La cause exacte n’est pas encore connue, mais des études sont en cours. Cependant, les experts ont pu relever plusieurs points :

La fatigue physique : lorsque l’on vit une journée particulièrement physique, on est souvent moins réceptif en fin de journée

Une réaction à la diminution progressive de la lumière : la diminution de l’éclairage peut entraîner des difficultés de perception et d’interprétation de l’environnement. Les ombres peuvent faire penser à autre chose.

L’horloge biologique : un sommeil perturbé peut entrainer ce type de désagrément.

Un changement de rythme : une personne bien stimulée qui se retrouve sans la moindre stimulation pendant un certain temps peut s’ennuyer et donc s’agiter.

Des déséquilibres hormonaux comme une carence en vitamine D qui peut générer du stress et de l’anxiété

La sensation d’être en danger : l’obscurité entraîne un changement de vision de l’environnement.  Cela peut être des ombres ou encore le bruit du vent.

Un aidant surmené : votre proche est une véritable éponge émotionnelle, il peut ressentir votre stress ou votre fatigue, mais comme son interprétation est faussée, il peut considérer que vous êtes mécontent de lui.

Cette liste n’est pas exhaustive d’autres facteurs peuvent entrer en compte

 

COMBIEN DE TEMPS PEUT DURER CETTE MANIFESTATION ?

 

Cela va dépendre de chacun cela peut s’arrêter rapidement comme le coucher de soleil, ou continuer toute la soirée et même la nuit. Cela peut aller jusqu’à une modification du rythme de vie la personne atteinte étant trop agitée pour dormir la nuit et donc s’assoupie au cours de la journée.

III – QUELQUES CONSEILS POUR GÉRER LE SUNDOWNING

 

  • Déterminer et réduire les événements déclencheurs

 

Il est possible que quelque chose change dans le lieu de vie lorsqu’apparaît le soir. Cela peut être par exemple le fait de voir des personnes rentrer du travail et donc il se dit que lui aussi devrait rentrer quelque part, ou bien il est triste, car lui ne travaille plus.

Cela peut être trop de personnes qui lui rendent visite en même temps : aidants, voisins, intervenants et petits enfants

Cela peut aussi être un souci de théine ou caféine qui est moins bien accepté par le corps après 16h30

Des petits gâteaux de gouter trop sucré qui est un excitant.

On peut aussi considérer les médicaments. Votre proche prend-il un traitement en fin d’après-midi qui le fatigue ?

 

  • Gérer les routines et structurer son quotidien

 

Tout le but va être d’occuper votre proche tout au long de la journée. Évidemment, on privilégie les activités physiques dans la journée.

On évite les activités de stimulation cognitive de type mémory, trivial pursuit et autre en soirée.

En ce qui concerne les siestes, les spécialistes préconisent de ne pas dépasser 1h30 pour la sieste dite réparatrice notamment s’il y a eu une mauvaise nuit. Alors, certes vous risquez d’avoir le droit aux jolis noms d’oiseaux s’il n’est pas d’accord avec vous. Votre proche sera forcément plus fatigué au départ et donc les crises s’accentueront, mais au fil du temps cela lui permettra de récupérer un bon cycle de sommeil.

Mettez en place des routines du coucher.

 

Une routine permet d’apaiser et de sécuriser votre proche. Cela peut être plein de choses différentes. Par exemple : aller aux toilettes, faire une petite toilette intime, mettre son pyjama, se laver les dents, lire un livre ou regarder un film, raconter sa journée, faire une pause câlin, prendre une boisson chaude. C’est à vous de voir ce qui lui convient ce ne sont que des exemples.

 

Voici les routines importantes qui peuvent vous aider :

– lever tous les jours à la même heure

– repas à heure fixe

– coucher à heure fixe

– intervention des différents professionnels

 

3- Détournez son attention

 

Le sundowning pointe le bout de son nez, à vous de jouer. Détournez l’attention de votre proche  en lui proposant des activités : vous aider pour préparer le repas, regarder son émission préférée, faire une promenade, parler de votre enfance ou de la sienne ou même mieux les comparer, caresser un animal, chanter ou écouter sa musique préférée, dessiner, peindre, colorier, tricoter, regarder des photos….

 

4- Éclairez suffisamment les pièces

 

La vision d’un senior peut être altérée lors d’un manque de luminosité et votre proche vivant avec la maladie d’Alzheimer  peut facilement angoissé s’il se trouve confronté à des ombres.

 

De plus, adaptez le type de lumière au moment du jour peut vous être utile. Une lumière blanche ou bleue va rendre actif, une lumière jaune ou orangée va provoquer de l’apaisement

 

NB : l’endormissement est normal en fin de soirée et il ne l’est pas à 17h. Une pièce bien éclairée peut permettre à votre proche de savoir que la journée n’est pas encore terminée

 

5- Jouez de la musique et des sons apaisants.

 

La musique cela détend et apaise, je ne vous apprends rien. Vous pouvez opter pour une atmosphère musicale douce au coucher, cela peut être ses chansons préférées, des bruits de la nature, de la musique classique… Évidemment, si votre proche est fan de métal hardcore (oui, ça existe des seniors métalleux) vous évitez. On choisit le calme et la douceur.

 

6- Utilisez des huiles essentielles, des plantes, ou des compléments alimentaires

 

Certaines senteurs peuvent avoir un effet apaisant comme la lavande, l’ylang-ylang ou encore la rose. 

Vous pouvez aussi opter pour des odeurs qui rappellent de bons souvenirs à votre proche : le gâteau du dimanche, le croissant, les fleurs du jardin… Bref, il faut tester

 

Remarque : les huiles essentielles (HE) sont très puissantes et parfois contre-indiquée dans certaines maladies, demandez l’avis d’un professionnel avant

 

Vous pouvez proposer une infusion à votre proche. Là aussi, faites attention certaines ne sont pas compatibles avec les traitements médicamenteux. De plus, ce n’est pas parce que votre charmante voisine nonagénaire s’endort comme un bébé après sa tasse de camomille que cela fonctionnera sur votre proche. Tout le monde est différent.

 

7- Calmez-le par le toucher

 

Voilà une de vos baguettes magiques, d’ailleurs elle fonctionne jusqu’à la fin de vie : le toucher. Transmettre vos émotions ou de la tendresse à votre proche va l’apaiser. Vous avez le choix, cela peut être lors d’un petit massage des mains, ou encore un bon bain de pieds ou tout simplement la pause tendresse blottis l’un contre l’autre. Montrez-lui tout votre amour et votre bienveillance d’une autre manière qu’en lui parlant. Quand on est bien, il n’y a pas besoin de mots.

 

8- Attention aux douleurs

 

Si votre proche reste dans la même position trop longtemps toute la journée, il va s’ankyloser. Pensez à lui demander s’il a mal quelque part, réinstallez-le correctement ou encore proposez lui un coussin

 

9- Attention au taux glycémique

 

Votre proche s’il est diabétique peut également avoir un trouble du comportement, car il se trouve en hypo ou en hyperglycémie

 

10- Une efficacité des médicaments diminués

 

Certains psychotropes, antalgiques ou antiparkinsoniens peuvent être moins efficaces s’ils sont donnés en début de journée. N’hésitez pas à en parler avec le médecin traitant afin de placer les posologies aux bonnes heures

 

11- Altération de la vision

 

Si on écarte l’oublie des lunettes de vue, il peut demeurer cependant les altérations de la vision telles que la cataracte ou encore la DMLA. Par conséquent, la mauvaise interprétation d’un objet dans l’environnement peut générer de l’angoisse. Pensez à équiper votre proche d’une lumière d’appoint

Alzy récapitule pour vous :

– 1 aidant sur 5 sera un jour confronté au syndrome de sundowning de son proche

– Le sundowning syndrom est constitué de symptômes neuropsychiatriques qui apparaissent en fin d’après-midi

– Il existe de nombreuses solutions afin d’apaiser votre proche lors de ses crises

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Comment éviter la fugue chez une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer ?

COMMENT ÉVITER LA FUGUE CHEZ UNE PERSONNE VIVANT AVEC LA MALADIE D’ALZHEIMER ?

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Lorsque l’on accompagne un proche vivant avec la maladie d’Alzheimer c’est toujours la loterie et l’on ne sait pas ce qui peut arriver au cours de la journée. Alors, l’accompagnant est en super-vigilance H24, angoisse, essaie de tout anticiper et les questions fusent. Vous ne pouvez pas le suivre à la trace jour et nuit. Et c’est là qu’arrive un scénario terriblement angoissant : la fugue.

Dans un premier temps, j’analyse les causes possibles de fugue. Puis, dans une deuxième partie je vous donne les actions à mettre en place en amont. Et dans une dernière partie (j’espère que vous n’aurez pas à la vivre) que devez-vous faire si cela arrive à votre proche.

I – QUELLES SONT LES CAUSES POSSIBLES DE FUGUE ?

 

 

Tout d’abord, retenez bien toutes les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ne s’enfuient pas, c’est les faits divers que l’on entend qui amplifient ce sentiment. Je ne vous dis pas de nier le danger, mais de plutôt ne pas en faire une idée fixe en vous répétant que cela va vous arriver.
D’ailleurs, le terme « fugue » n’est pas le bon, une fugue inclut que l’on veut s’en aller d’un endroit dont on n’a pas le droit, où l’on se sent mal, et ce n’est pas forcément ce que ressent votre proche

Perdu(e)
Votre proche vit à domicile et est sortie faire une petite course. Il s’est probablement tout simplement perdu en chemin.

Rester trop longtemps à un endroit
Une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer a des difficultés de notions temporelles donc elle peut considérer qu’elle a assez passer du temps à cet endroit et décider d’en partir

La confusion.
La maladie fonctionnant sur le principe de la loi de Ribot, si votre proche a vécu des déménagements dans sa vie, il se peut qu’il ne se souvienne pas de son domicile actuel, mais de celui d’avant.

Les illusions
Avec la désorientation dans le temps et la perte mémorielle, elle peut aussi croire qu’elle doit aller travailler ou récupérer ses enfants à l’école.

Elle peut aussi ne pas reconnaître le quartier, car les bâtiments alentour ont changé de nom voir d’affectation par rapport à ses souvenirs. Par exemple, le cordonnier qui est devenu un pressing ou l’enseigne du magasin qui est devenu plus moderne et difficile à déchiffrer ou encore un simple changement de propriétaire.

La sensation d’être en danger
Être chez soi peut être aussi une source d’angoisse, car votre proche interagit avec du personnel de santé dont il ne se souvient pas et qui ne se présente pas à chaque fois.
Cela peut aussi être une ambiance sonore qui le fait fuir. Par exemple le bruit de la télévision beaucoup trop fort notamment les films d’horreur ou de guerre. Cela peut être aussi le marteau ou la perceuse des voisins.
Dans les autres possibilités, votre proche ne s’est pas reconnu dans le miroir et donc pensé qu’un étranger est en face de lui et donc part se mettre à l’abri.

Le stress
Une poussée de stress amplifie les troubles. Du coup, la perturbation générée par le stress peut faire que votre proche s’énerve et ait besoin d’aller faire un tour pour se calmer tout simplement.

L’ennui
Avoir un sentiment de contrôle sur sa vie et s’occuper est primordial chez chaque personne, y compris votre proche vivant avec des troubles cognitifs. Ce n’est pas parce qu’il perd la mémoire que l’ennui n’existe pas. D’ailleurs, il côtoie en général des personnes qui font absolument tout pour lui sans lui demander son avis, comment voulez-vous qu’il s’occupe ?
De plus, si votre proche était très actif auparavant, celle reste ancré en lui donc il ressent le besoin de sortir.

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II- QUELLES ACTIONS METTRE EN PLACE POUR ÉVITER LA FUGUE ?

Se sentir bien chez soi
Il est très courant que les personnes vivant avec des troubles cognitifs finissent par ne pas se sentir chez eux et donc décident de partir.
Du coup, n’hésitez pas par exemple à ressortir des vieux meubles que votre proche adorait
À disposer des photos de lui ou de la famille à plusieurs époques avec si possible dans le cadre, l’environnement de la maison.
De ressortir des souvenirs précieux de vacances
Évidemment, ne changer pas le mobilier de place, c’est très perturbant pour eux.

Lui dire que rien ne l’attend à l’extérieur
Il va vous falloir rassurer votre proche sans chercher à le contrarier. Il vaut mieux lui dire par exemple : qu’il ne travaille pas aujourd’hui, que les enfants sont en colonie ou chez la nounou, ou encore que vous ferez le repas plutôt que le braquer. Le stress renforce les troubles, donc essayer de lui changer les idées et votre proche oubliera cet incident.

Offrez-lui des activités
Il faut que votre proche vive une journée qui a du sens pour lui. Proposez-lui de faire une promenade plus tard, ou de vous aider à l’intérieur de la maison. : repas, tâches ménagères, jardinage, pâtisserie, préparer un goûter, regarder un film, des photos, jouer aux jeux de société, raconter ses souvenirs…

De manière générale, donnez-lui envie de rester
Plus votre proche se sentira bien chez lui et sera occupé, moins il pensera à dehors. Pensez à mettre en dehors de sa vue, les manteaux, les chaussures, les parapluies. Ainsi, il ne pensera pas à sortir s’il a tendance à les voir lors de ses déambulations.

Et ne pas laisser votre proche tout seul ?
Soyez réaliste deux secondes, forcément à un moment ou un autre votre proche sera tout seul, car vous devrez prendre une douche, ou encore tout simplement aller aux toilettes. En plus, cela voudra dire que vous devrez arrêter de travailler. Franchement, ce n’est pas une vie pour vous.

Et l’enfermer ?
Alors, là il s’agit de votre propre cas de conscience. Personnellement, je suis contre. Déjà parce que si un incendie ou une fuite de gaz se déclare, cela le met en danger. Ensuite, cela va renforcer son envie de fuir, puisqu’il y a un déni de la maladie. Pour quelle raison on l’enfermerait chez lui ? Il risque de paniquer, et crier à l’aide s’il se rend compte qu’il est emprisonné. J’ai eu un patient qui a fuit par la fenêtre du premier étage, il a glissé de la gouttière, a fini paraplégique et en fauteuil mécanique. Mon propre père s’enfermait parfois dans la salle de bain et oubliait qu’il avait fermé le verrou.

Optez plutôt pour la technologie
Si votre proche et encore s’orienter et raisonner pour la localisation gps de son téléphone portable ou mieux investissez dans le téléphone portable avec bouton de secours, ou encore dans un autre type de GPS.
Remarque : ce système existe aussi avec un périmètre de sécurité, ainsi votre proche a un minimum de liberté

Le bracelet d’identification
Je déteste ce terme, mais malheureusement c’est celui de vente. Offrez-en à votre proche en lui disant que c’est un bracelet d’amour pour lui signifier que vous êtes toujours auprès de lui et que votre numéro de téléphone est dessus, s’il a besoin de quoi que ce soit.

III – CATASTROPHE : MON PROCHE A FUGUÉ !

 

 Vous avez fait tout votre possible, mais cela est arrivé malgré vous. Que devez-vous faire ?

1- Inspecter l’ensemble de l’appartement.
Votre proche a peut-être simplement eu peur de vous, car il ne vous a pas reconnu. Du coup, il peut penser que vous êtes un étranger et s’être planqué dans un placard, ou une autre pièce de la maison. De plus, c’est normal s’il ne vous répond pas puisqu’il pense que vous êtes un intrus.

2- Appeler la police
Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est toujours traitée comme une urgence. Vous les rappellerez quand vous l’aurez retrouvé pour vous excuser.

3- Des photos récentes
Elles peuvent aussi bien servir à la police, qu’au voisinage qui viendrait vous prêter main forte.

4- Garder une fiche descriptive
Age, sexe, taille, poids, caractéristiques physiques, groupe sanguin, traitement médical, dossier dentaire, besoins alimentaires… bref, listez tout ce qui peut être pertinent pour l’identifier

5– Fournir à la police un vêtement non lavé et porté
Cela aidera la brigade cynophile. Les spécialistes recommandent de le changer tous les mois afin de garder une odeur forte.

6- Listez les endroits qu’il avait l’habitude de fréquenter, ainsi que les adresses de ses précédents logements.
Il est fortement possible que votre proche erre dans un endroit connu, s’il ne s’est pas perdu en chemin. De plus, votre proche ne doit pas se déplacer très rapidement. En général, on les retrouve dans le quartier.

7- Garder à portée de main une liste de lieux dangereux
Il faudra les inspecter en priorité après les endroits connus. Cela peut être des ponts, des carrefours fréquentés, des criques, des lieux abandonnés, des passages souterrains….

8- Avertir le plus de personnes possibles de l’état de santé de votre proche
Ainsi, on peut le retrouver plus vite, surtout si votre proche à l’habitude de déambuler. Ne vous sentez pas juger de faire cette démarche. Les gens sont en général humains et peuvent se mettre à votre place.

 

 

Alzy récapitule pour vous :

– La fugue n’est pas aussi courante que cela pour les personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer, c’est les faits divers qui amplifient tout.

-Il existe des astuces à faire en amont, pour éviter que votre proche fugue

– Gardez toujours en tête que plus il sera occupé chez lui, moins il aura envie de voir l’extérieur.

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Comment faire si mon proche ayant Alzheimer ne sait plus se laver les dents ?

COMMENT FAIRE SI MON PROCHE AYANT ALZHEIMER NE SAIT PLUS SE LAVER LES DENTS ?

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L’avancée en âge peut rendre pénible la posture devant le lavabo pour le brossage des dents ou du dentier, mais cela demeure indispensable peu importe l’âge, car si une carie se profile cela peut se transformer en maladie cardiaque ou encore un AVC, un ulcère ou même un cancer.

Dans un premier temps, nous aborderons les signes de problèmes dentaires. Puis, dans une deuxième partie, nous vous aborderons les différents soins à réaliser pour une bonne hygiène dentaire. Afin pour conclure, nous vous donnerons quelques conseils pour l’aide au brossage adapté aux personnes vivants avec la maladie d’Alzheimer.

I – QUELS SONT LES SIGNES D’UN PROBLÈME DENTAIRE ?

 

 

Tout d’abord, la perte sémantique chez une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée doit rester dans votre esprit, car il se peut que votre proche ne soit pas en mesure de vous l’exprimer efficacement. Voici, une petite liste de signes évocateurs.

– Votre proche refuse de manger, notamment les aliments froids ou chauds

– Des petites crispations apparaissent sur son visage

– Il ou elle ne veut pas mettre son dentier

– Son comportement change, la personne est plus anxieuse, gémit ou crie notamment à l’approche des repas

– Son sommeil est perturbé

– Il ou elle perd son engagement dans les actes de la vie quotidienne

– Il ou elle devient agressif/ive envers vous.

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II- QUELS SOINS À RÉALISER POUR UNE BONNE HYGIÈNE BUCCALE ?

Vous pouvez parfaitement adapter ce soin au goût de votre proche, Posez-lui la question.

 

 – Prévoyez plutôt un dentifrice salin, à l’argile ou au bicarbonate, ils sont plus doux. Et d’ailleurs, si votre proche est à un âge avancé c’est ce type de produits auxquels il ou elle est habitué(e)

 – Pour le bain de bouche, privilégiez celui à la propolis (antiseptique naturel) ou encore au clou de girofle (antibactérien naturel)

 – Utilisez de l’eau tiède salée ou de l’eau pétillante fraîche, selon ses goûts.

– Soyez vigilant(e) si votre proche a un traitement sédatif ou  antidépressif ces derniers peuvent créer de la sécheresse buccale.

 

III -COMMENT AIDER AU BROSSAGE UNE PERSONNE AYANT LA MALADIE D’ALZHEIMER OU UNE MALADIE APPARENTÉE ?

 

 

Une petite remarque avant tout : si votre proche vit avec la démence à corps de Lewy ou encore Parkinson ce n’est pas parce qu’il salive beaucoup que sa bouche est propre.

 

Si votre proche a un comportement inadapté en face de l’intrusion de la brosse à dents dans sa bouche, car il ou elle ne comprend pas votre geste, (une brosse ne se mange pas) essayez déjà cette astuce avant de passer à la suite.

Confectionnez-lui sucer des sucettes acidulées (au citron et à l’ananas), ou encore des bâtonnets glacés à l’eau citronnée. Faites le boire de l’eau  de temps à autre et passer doucement au brossage. 

 

Vous pouvez aussi masser doucement les lèvres et les mâchoires et demander à votre proche de faire des sons la bouche grande ouverte, ainsi son attention se focalisera sur autre chose que ce que vous faites

 

Si votre proche est dans les premiers stades de la maladie : rappelez-lui simplement de la faire ou mettez en place un séquençage pour les gestes à exécuter et faites, plusieurs fois le soin avec lui avant de le ou la laisser être autonome

 

Privilégiez une brosse à poils souples (sauf en cas de dépôts crouteux sur langue, d’ailleurs il n’est pas conseillé de la décaper, le geste est agressif, préférez le bain de bouche) La brosse doit aussi avoir un manche assez épais pour faciliter la préhension

 

– Lorsque la préhension deviendra trop compliquée, optez pour une brosse électrique, certes c’est un petit peu plus lourd, mais le temps de brossage est plus rapide. Bien sûr, il faut qu’elle puisse tolérer le bruit et la vibration

 

– Vous pouvez lui permettre de s’asseoir en face d’un miroir, vous vous placez derrière lui ou elle pour l’aider à se brosser les dents. Il ou elle vous voit faire cela l’angoisse moins.

 

-Si être debout, le ou la fatigue, prenez une chaise.

 

Laissez-la poser son coude sur un meuble pour lui éviter la fatigue du geste du brossage.

 

– Si c’est la pose du dentifrice le plus compliqué, utilisez un flacon à pompe de type pousse-pousse. C’est les dentifrices en tube qui tiennent debout.

Les dentiers doivent être nettoyés avec une brosse à prothèse afin d’obtenir une hygiène irréprochable

– Pour les pastilles désinfectantes (type polident ou autre) n’oubliez pas de rincer le dentier avant la pose le lendemain matin

Pas de trempage de dentier dans de l’eau classique sans produit toute la nuit, car l’eau favorise la prolifération des bactéries.

Pour éviter l’abimage du dentier n’hésitez pas à passer au nettoyage au-dessus du lavabo à moitié rempli d’eau avec un linge pour amortir le choc

– Finissez le soin avec l’applicage d’un baume à lèvres neutre, cela rend le moment plus confortable et vous profiterez d’une pause bisou toute douce.

Alzy récapitule pour vous :

– Une bonne hygiène bucco-dentaire est indispensable tout au long de sa vie pour être en bonne santé

– De nombreuses astuces peuvent aider votre proche lors du brossage

– N’oubliez pas de vérifier régulièrement l’état de sa bouche et de l’envoyer au dentiste y compris s’il ou elle a un dentier, car il peut parfois devenir trop grand à cause de la dénutrition.

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