La musique et le cerveau : pourquoi les chansons restent alors que les mots s’effacent ?

La musique et le cerveau : pourquoi les chansons restent alors que les mots s’effacent ?

puzzle alzheimer

Avez-vous déjà remarqué que certaines personnes atteintes d’Alzheimer ne peuvent plus se rappeler le nom de leurs petits-enfants… mais qu’elles peuvent chanter par cœur les chansons de leur jeunesse ?

La science montre que la musique sollicite des zones du cerveau différentes de celles utilisées pour la mémoire verbale, ce qui explique cette résilience étonnante.

Comprendre comment la musique active le cerveau peut aider à créer des moments de plaisir, de lien et de stimulation cognitive chez les personnes atteintes de troubles cognitifs.

  1. Comment la musique active le cerveau ?

 

La musique ne se limite pas aux oreilles : elle fait vibrer le cerveau entier.

  • Cortex auditif : analyse les sons et les mélodies.
  • Hippocampe : associé à la mémoire, il se réactive souvent avec les chansons connues.
  • Cortex moteur et cérébellum : la musique fait bouger, taper des mains ou danser.
  • Système limbique : siège des émotions, il est fortement stimulé par la musique.

💡 Résultat : les chansons peuvent réactiver souvenirs et émotions longtemps après que les mots se soient effacés.

Des études montrent que même en cas de perte de mémoire sévère, écouter des musiques familières suscite de la joie, réduit l’anxiété et renforce la connexion sociale.

  1. Neurocapsule 

Imaginez votre cerveau comme une ville :

  • Les souvenirs des mots sont comme des maisons dans un quartier parfois difficile d’accès.
  • Les chansons sont comme des grandes avenues principales, qui restent toujours dégagées et accessibles, même si certaines rues sont embouteillées ou bloquées.

C’est pour cela que la musique peut réveiller des souvenirs oubliés et permettre à la personne de communiquer, sourire ou chanter, même quand la mémoire verbale est altérée.

3. La musique au service de l’accompagnement avec la méthode LIEN

La méthode LIEN s’appuie sur les découvertes neuroscientifiques autour de la musique pour :

L : Liberté d’agir à son rythme : laisser la personne choisir ses chansons préférées et chanter à son tempo.

I : Intelligence émotionnelle au service de la relation : utiliser la musique pour réveiller des émotions positives et créer du lien.

E : Environnement structuré et apaisant : proposer un moment musical régulier dans un cadre rassurant.

N : Nourrir le lien humain au quotidien grâce aux neurosciences : partager la musique ensemble, chanter, taper des mains, danser pour renforcer la connexion.

 

Sources scientifiques

  • Särkämö, T., et al. (2008). Music listening enhances cognitive recovery and mood after stroke. Brain.

  • Hilliard, R.E. (2006). The effects of music therapy on communication in Alzheimer’s disease. Journal of Music Therapy.

  • Thaut, M.H., et al. (2015). Rhythmic auditory stimulation in gait training for Parkinson’s disease and Alzheimer’s. Frontiers in Neuroscience.

FAQ

🎵 1. Toutes les musiques fonctionnent-elles ?

Non. Les chansons familières, celles de jeunesse ou associées à des moments heureux, sont les plus efficaces.

🧠 2. Peut-on utiliser la musique pour stimuler la mémoire ?

Oui, écouter et chanter des chansons renforce la mémoire émotionnelle et peut parfois réveiller des souvenirs oubliés.

👩⚕️ 3. Les professionnels peuvent-ils intégrer la musique en institution ?

Oui, la musique est un outil non médicamenteux très utilisé pour créer un environnement apaisant et stimulant, même pour les personnes en stade avancé.

  • La musique active plusieurs zones cérébrales simultanément.

  • Elle reste accessible même quand les mots disparaissent.

  • Utiliser la musique peut réduire l’anxiété, stimuler les souvenirs et renforcer le lien avec la personne.

  • La méthode LIEN propose des activités musicales structurées pour favoriser le plaisir et la mémoire affective.
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Alzheimer et génétique : faut-il vraiment s’inquiéter si un proche est atteint ?

Alzheimer et génétique : faut-il vraiment s’inquiéter si un proche est atteint ?

puzzle alzheimer

Quand un proche reçoit un diagnostic de Maladie d’Alzheimer, une question revient souvent : « Et moi ? Est-ce que je vais l’avoir moi aussi ? »

Comprendre ce que la génétique fait, et ne fait pas, est essentiel pour apaiser les craintes, poser des actions utiles, et se concentrer sur ce qui est vraiment à notre portée.

1. Ce que dit la science sur Alzheimer et héritage génétique

 

La génétique joue un rôle, oui, mais ce n’est pas la seule carte du jeu.

  • Il existe des formes « déterminantes » rares de la maladie : par exemple, certains gènes tels que APP, PSEN1 ou PSEN2, qui, quand ils sont hérités, provoquent une Alzheimer précoce (souvent avant 65 ans).

  • Dans les cas les plus fréquents (Alzheimer « classique » après 65 ans), ce sont plutôt des gènes de risque (et non de certitude) qui interviennent. Exemple : le gène APOE-ε4 (APOE4) augmente le risque.

  • Mais avoir un gène de risque ne veut pas dire « avoir la maladie ». Cela veut dire que : le risque est plus élevé, et cela rend d’autant plus important les autres facteurs comme : le mode de vie, environnement….
  1. Neurocapsule : Qu’est-ce que ça veut dire, « gène de risque » ?

Imaginez que votre corps est une maison. Les gènes sont comme le plan de construction : certains détails du plan rendent la maison un peu plus fragile face à la pluie. Ça ne veut pas dire que la maison va forcément s’effondre, mais si on vit dans une région pluvieuse et qu’on n’entretient pas le toit, le risque augmente.

  • Un gène déterminant (comme APP, PSEN1, PSEN2) = un problème sur le plan qui fait que la maison risque de s’effondrer tôt (forme rare et précoce).

  • Un gène de risque (comme APOE4) = un petit défaut sur le plan qui augmente la probabilité de problèmes, surtout si d’autres choses (alimentation, sommeil, stress) ne sont pas optimisées.

En pratique : la génétique donne des indices, pas des certitudes. Ce qui compte beaucoup, c’est l’entretien (mode de vie, sommeil, activité, lien social) et c’est là où vous pouvez agir.

2. Que faut-il vraiment craindre ? Et que peut-on faire ?

▪ Inquiétude légitime, mais pas fatalité

Oui, si votre parent est atteint, votre risque est plus élevé que la population générale.

 Mais non : cela ne signifie pas que vous êtes condamné à avoir la maladie.

 ➡️ L’essentiel est de comprendre ce qui dépend de vous, et ce qui n’en dépend pas.

▪ Orientation vers l’action : les leviers qu’on peut activer

  • Habitudes de vie : alimentation équilibrée, activité physique régulière, sommeil réparateur, gestion du stress, stimulation cognitive. Ces facteurs peuvent modérer le risque même en présence d’un gène de risque.

  • Surveillance et information : connaître les signes précoces, consulter si vous avez un doute, et demander un suivi médical adapté.

  • Accompagnement relationnel : maintenir le lien, structurer l’environnement, réduire l’isolement, des leviers puissants pour la qualité de vie.
  1. La méthode LIEN appliquée à la génétique et à l’accompagnement

Avec la méthode LIEN, on pose un cadre rassurant et actif :

L : Liberté d’agir à son rythme : respecter l’histoire et le rythme de chacun.

I : Intelligence émotionnelle au service de la relation : accueillir l’inquiétude pour la transformer en actions concrètes et bienveillantes.

E : Environnement structuré et apaisant : repères, routines et adaptations pratiques.

N : Nourrir le lien humain au quotidien grâce aux neurosciences : la présence et la chaleur humaine comme facteurs protecteurs.

🎁  : Téléchargez gratuitement l’e-book « Que faire quand on soupçonne Alzheimer chez un proche » un guide pas à pas pour poser les bonnes questions, engager la démarche médicale et mettre en place un plan d’accompagnement serein.

Sources scientifiques

  • Alzheimer’s Association. Is Alzheimer’s Genetic?
  • NIH / NIA. Study defines genetic form of Alzheimer’s disease.
  • Alzheimer’s Society UK. Can genes cause dementia?
  • Rao A.T., Degnan A.J., Levy L.M. Genetics of Alzheimer Disease. AJNR.

FAQ

🧬 1. Si mon parent a Alzheimer, vais-je forcément l’avoir ?

 Non : le risque est plus élevé mais ce n’est pas une certitude. La génétique est un terrain, pas un destin.

🔬 2. Dois-je faire un test génétique ?

 En général, non pour la forme tardive. Les tests sont surtout proposés pour la forme familiale (précoce) et doivent être accompagnés d’un conseil génétique. Le test APOE n’est pas recommandé pour le grand public sans accompagnement médical.

🌿 3. Que puis-je faire si un proche est atteint ?

 Adopter un mode de vie sain, stimuler la cognition, maintenir le lien humain et structurer l’environnement, toutes ces démarches font partie d’un accompagnement utile et bienveillant.

  • La génétique est un facteur de risque, rarement la cause unique.

  • Avoir un proche atteint ne signifie pas automatiquement que vous aussi, vous serez touché.

  • Chaque geste compte : mode de vie, lien, environnement, émotion.

  • La méthode LIEN offre un cadre concret pour agir ensemble, ici et maintenant.
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La méthode LIEN : quand les neurosciences transforment l’accompagnement Alzheimer

La méthode LIEN : quand les neurosciences transforment l’accompagnement Alzheimer

soutien affectif fin de vie

Et si, au lieu de « stimuler la mémoire », on apprenait à comprendre le cerveau pour mieux accompagner la personne qui vit avec Alzheimer ?

C’est tout le pari de la méthode LIEN, une approche née de la rencontre entre les neurosciences, la pédagogie Montessori adaptée et l’intelligence émotionnelle.

Son objectif : redonner du sens, du plaisir et du lien humain à chaque instant de la vie, même quand la mémoire semble s’effacer.

🌿 1. Pourquoi les neurosciences changent tout

 

Pendant longtemps, on a cru que les neurones se perdaient et ne se remplaçaient jamais.

Aujourd’hui, la science prouve l’inverse : le cerveau garde une plasticité tout au long de la vie.

Autrement dit :

Même avec Alzheimer, le cerveau peut encore apprendre, ressentir, et créer de nouveaux liens.

Les recherches de Francis Eustache (neuropsychologue au CNRS) et de Bernard Sablonnière (neurologue et chercheur) montrent que la stimulation adaptée et émotionnellement positive réactive des circuits neuronaux encore fonctionnels.

🧠 Neurocapsule LIEN

La plasticité cérébrale, c’est la capacité du cerveau à s’adapter et à se réorganiser. Quand une activité procure du plaisir, de la reconnaissance ou du sens, le cerveau libère de la dopamine : c’est elle qui favorise la création de nouveaux chemins neuronaux.

💛 2. Les 4 piliers de la méthode LIEN

La méthode LIEN repose sur quatre piliers fondamentaux, issus à la fois des neurosciences et de l’intelligence émotionnelle :

L : Liberté d’agir à son rythme

Parce que le sentiment de contrôle nourrit la motivation et réduit l’anxiété.
➡ Exemples : choisir entre deux activités, décider quand commencer ou s’arrêter… Mais avant tout détecter un cerveau prêt à coopérer.

 

I : Intelligence émotionnelle au service de la relation

Les émotions sont le langage premier du cerveau.

➡ En comprenant et en accueillant les émotions, on restaure la confiance et la coopération.

 

E : Environnement structuré et apaisant

L’environnement influence directement le niveau de stress et de mémoire.

➡ Un cadre cohérent, calme et familier favorise les repères et la sérénité.

 

N : Nourrir le lien humain au quotidien grâce aux neurosciences

Le lien humain active le système de récompense du cerveau.

➡ Chaque sourire, chaque regard compte : c’est une véritable « nourriture émotionnelle ».

🌺 3. Quand la science rejoint le cœur

Les neurosciences confirment aujourd’hui ce que les accompagnants ressentent depuis toujours :

Ce n’est pas la performance qui compte, mais l’émotion associée à chaque interaction.

Une étude menée à Harvard en 2022 a montré que les souvenirs liés à une émotion positive sont 5 fois mieux consolidés dans la mémoire.

Autrement dit : une personne Alzheimer oublie parfois les faits, mais pas les émotions qu’elle a vécues.

La méthode LIEN met donc l’accent sur ces émotions partagées : joie, fierté, douceur, gratitude…C’est là que naissent les plus beaux progrès.

📘 4. Deux outils concrets pour mettre la méthode en pratique

🎁 Le Kit Mémoire (offert)

« La mémoire n’est pas un réservoir qui se vide, mais un chemin qui peut encore être emprunté. »

Le Kit Mémoire contient :

  • 7 exercices simples, classés par stade et par type de mémoire,
  • des adaptations pour les aidants et les professionnels,
  • une capsule neuroscientifique expliquant pourquoi chaque exercice fonctionne.

👉 Il aide la personne à retrouver confiance et plaisir, sans pression ni échec.
📥 Télécharger le Kit Mémoire Alzheimer

 

📗 Le Livre blanc « 3 minutes par jour pour un lien plus fort pour toujours »

Ce guide gratuit t’explique :

  • comment les neurosciences redonnent du sens à l’accompagnement,
  • les erreurs à éviter quand on veut « stimuler” la mémoire »,
  • et comment mettre en place, pas à pas, un cadre apaisant et relationnel.

📘 Télécharger le Livre blanc LIEN

✨ 5. Ce que la méthode change au quotidien

Grâce à la méthode LIEN, aidants et professionnels observent :

  • une communication plus fluide,
  • moins de résistance et d’agitation,
  • plus de plaisir partagé dans les gestes simples du quotidien,
  • une mémoire émotionnelle qui s’éveille.

La méthode n’impose rien : elle révèle le potentiel encore vivant chez chaque personne, même en phase avancée.

FAQ

💭 1. Peut-on appliquer la méthode LIEN à tous les stades de la maladie ?

 Oui, car elle s’adapte au rythme et aux capacités de la personne, sans jamais la mettre en échec.

🧠 2. Est-ce une méthode Montessori ?

Elle s’en inspire, mais va plus loin : la méthode LIEN intègre les apports récents des neurosciences et de l’intelligence émotionnelle.

👩⚕ 3. Les professionnels peuvent-ils l’utiliser en institution ?

Pas encore de manière officielle (les formations sont en construction), mais de plus en plus de professionnels commencent à être formés en accompagnement individuel (coaching one-to-one avec la créatrice de la méthode). L’objectif à terme est de déployer la méthode LIEN dans les structures, pour favoriser un accompagnement plus humain et apaisé.

Sources

  • Eustache F., Les chemins de la mémoire, Odile Jacob, 2021
  • Sablonnière B., Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner, Odile Jacob, 2020
  • Vincent J.-D., Le cerveau funambule, Odile Jacob, 2019
  • Harvard Medical School, Memory and Emotion: A Neurological Approach, 2022
  • CNRS, Neuroplasticité et apprentissage émotionnel, 2023

Alzy récapitule pour vous :

✔ Le cerveau garde une capacité d’apprentissage toute la vie.

 ✔ Les émotions sont le moteur de la mémoire.

 ✔ La méthode LIEN s’appuie sur la science pour recréer du sens et de la relation.

 ✔ Le Kit Mémoire et le Livre blanc LIEN t’aident à l’appliquer dès aujourd’hui.

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Comment les odeurs réveillent des souvenirs enfouis ?

Comment les odeurs réveillent des souvenirs enfouis ?

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Tu es déjà passé devant une boulangerie, et d’un coup, une bouffée de tarte chaude t’a ramené chez ta grand-mère ?

Ce phénomène fascinant, c’est la mémoire olfactive, la plus intime et la plus résistante de toutes. Et selon les neurosciences, elle pourrait jouer un rôle clé dans l’accompagnement des personnes vivant avec Alzheimer.

  1. Le pouvoir unique de la mémoire olfactive

 

Les odeurs ne passent pas par les circuits habituels du langage ou du raisonnement. Elles sont directement traitées par le système limbique, le siège des émotions et de la mémoire affective. C’est pour cela qu’une simple senteur de savon, de pain ou de café peut réveiller un souvenir, une émotion, voire un sentiment de sécurité.

🧩 Chez la personne ayant la maladie d’Alzheimer, cette mémoire-là reste souvent préservée plus longtemps, même quand les mots ou les visages s’effacent. Elle devient donc une porte d’entrée précieuse vers les souvenirs et les émotions positives.

2. Les découvertes des neurosciences

Des chercheurs du CNRS et de l’Université de Lyon ont montré que :

  • Le bulbe olfactif est directement relié à l’hippocampe, la zone clé de la mémoire.

  • L’activation olfactive stimule la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions.

Neurocapsule LIEN

En stimulant la mémoire olfactive, on réactive les réseaux neuronaux liés à l’émotion et au plaisir. Cela crée un ancrage positif qui facilite la communication, même quand les mots manquent.

preparation huile essentielle
  1. Comment utiliser les odeurs au quotidien

Voici quelques pistes simples :

🌿 Activité 1 : Le panier des odeurs

Rassemblez quelques éléments du quotidien : café, lavande, citron, savon, pain, chocolat…
Proposez à la personne de les sentir, sans se presser.
➡ L’objectif n’est pas de « réussir », mais de ressentir.

 

🍋 Activité 2 : Le souvenir guidé

Quand une odeur évoque quelque chose, reformulez doucement :

« Ça te rappelle une époque ? » ou « Tu l’aimais bien, ce parfum ? »
Laissez émerger les souvenirs spontanés, sans insister.

 

🕯️ Activité 3 : Le rituel apaisant

Avant le coucher, diffusez une huile essentielle douce (orange, camomille, lavande).
L’odeur deviendra un signal de détente et aidera à réguler le sommeil.

  1. Ce que dit la méthode LIEN

Dans la méthode LIEN, les odeurs font partie intégrante du pilier E comme Environnement structuré et apaisant.

👉 Créer un environnement olfactif cohérent, familier et rassurant permet :

  • de nourrir le sentiment d’appartenance (reconnaissance de son lieu de vie),
  • de renforcer la connexion émotionnelle,
  • et de réduire l’anxiété.

Ainsi, une simple odeur peut devenir un repère de sécurité et un outil thérapeutique naturel.

Pour aller plus loin

Si ces exercices vous plaisent, sachez que j’ai créé la méthode LIEN®, inspirée de Montessori et enrichie des neurosciences. Elle vous aide à mieux comprendre, stimuler et accompagner la mémoire au quotidien.

📌 Retrouvez :

  • Tous les mardis : une vidéo explicative sur la méthode LIEN® et les neurosciences appliquées à Alzheimer.
  • Tous les jeudis : une vidéo d’activités pas à pas pour stimuler la mémoire et créer du lien en famille.

👉 Abonnez-vous à la chaîne YouTube Alzheimer et Alors pour ne rien manquer !

Alzy récapitule pour vous :

✔ Les odeurs stimulent directement la mémoire émotionnelle.

 ✔ Elles favorisent le calme et la confiance.

✔ Elles s’intègrent facilement dans les routines quotidiennes grâce à la méthode LIEN.

✔ Le livre gratuit “3 minutes par jour ” contient plusieurs activités à mettre en pratique dès aujourd’hui.

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FAQ

🧴 1. Peut-on utiliser des huiles essentielles avec une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer ?

Oui, mais toujours avec précaution. Utiliser un diffuseur doux, éviter les huiles irritantes (menthe, eucalyptus) et privilégier les odeurs connues. Et pour plus de conseils sur comment bien faire les choses lisez l’article consacré

🌸 2. Les odeurs peuvent-elles provoquer des émotions négatives ?

 Oui, certaines odeurs peuvent rappeler de mauvais souvenirs. Dans ce cas, observer la réaction et écarter la senteur concernée.

3. Combien de temps faut-il pour voir un effet ?

 Parfois immédiatement : un sourire, un regard plus doux, un apaisement… Ces micro-signes montrent déjà que la mémoire olfactive s’active.

Sources

CNRS, Odeur et mémoire : un lien émotionnel puissant, 2023.

Université de Lyon, The Olfactory Cortex and Memory Circuits, 2022.

Harvard Medical School, The Smell of Memory, 2021.

Joël Belmin, Alzheimer : comprendre pour accompagner, Éditions Odile Jacob.

Francis Eustache, Les chemins de la mémoire, Odile Jacob.

Pourquoi mon proche ayant la maladie d’Alzheimer déambule ?

POURQUOI MON PROCHE AYANT LA MALADIE D’ALZHEIMER DÉAMBULE ?

Être aidant(e) d’un proche atteint d’une maladie neurodégénérative évolutive est un défi quotidien. Personne ne nait aidant(e) on le devient par la force des choses et sans crier gare.

De plus, en tant qu’aidant(e) on n’est pas nécessairement formé(e) ni même réellement conscient(e) de ce qui nous attend. On se dit souvent qu’on peut le faire et que ce n’est qu’une question d’organisation, mais ce n’est pas que cela. On peut se sentir perdu et découragé face à tout un panel de situations parmi lesquelles : la déambulation qui peut être de jour comme de nuit notamment dans le cadre de la maladie d’Alzheimer.

Dans une première partie, je vous propose d’analyser les types et les causes de déambulation. Puis, dans une seconde partie quel est l’impact sur le quotidien des déambulations de votre proche sur vous, mais aussi sur lui-même. Enfin, pour conclure, je vous propose quelques solutions pour minimiser les risques de déambulations.

I- QUELLES SONT LES TYPES ET LES CAUSES
DES DÉAMBULATIONS CHEZ UNE PERSONNE ATTEINTE
DE
LA MALADIE D’ALZHEIMER ?



DÉFINITION

La déambulation est un trouble du comportement qui correspond au besoin compulsif de marcher, le jour comme la nuit que peut éprouver une personne. Cette errance touche aussi bien les personnes à domicile que celles en établissement.

 

Quels sont les types de déambulations ?

Il en existe plusieurs types :

La déambulation compulsive : également connue sous le nom de : marche compulsive. C’est un comportement répétitif et difficile à contrôler qui consiste à marcher sans but précis pendant des heures, voire des jours. Parfois sans boire suffisamment ni manger jusqu’à ce que le corps s’épuise.

 

La déambulation nocturne liée à l’insomnie, la personne marche toute la nuit, se couche parfois dans un autre lit que le sien, ou s’endort sur un fauteuil.

 

La déambulation exploratoire : la personne entre dans une pièce, par exemple un salon ou une chambre. Elle fouille dans les placards, et s’approprie les objets qui se trouvent sur son passage. Elle peut poser les objets accumulés n’importe où sur son chemin ou les ramener dans sa chambre.

 

Quelles sont les causes de la déambulation ?

 

Il est important de noter que la déambulation chez les personnes atteintes n’est pas un choix, ou une décision consciente. Les aidants familiaux et les professionnels de la santé doivent donc éviter de blâmer ou de critiquer les personnes touchées. Il est préférable de comprendre que la déambulation peut être un symptôme de la maladie et travailler à minimiser les risques associés à ce comportement.

 

Voici quelques-unes des causes courantes de la déambulation :

 

  1. Une perte de la notion du temps et de l’espace

Les personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer ont du mal à comprendre leur environnement et à se situer dans le temps et l’espace. Cela peut les amener à se déplacer sans but précis.

Elles peuvent se sentir désorientées et ne pas reconnaître leur environnement familier, car elles peuvent penser à un domicile antérieur à l’actuel. Cette confusion peut les amener à se déplacer sans raison apparente, cherchant un lieu familier ou un endroit où elles se sentent plus en sécurité.

 

Remarque : la déambulation peut également être un moyen pour elles de se calmer lorsqu’elles sont anxieuses ou stressées.

 

  1. Des besoins non satisfaits

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer marchent parfois pour satisfaire leurs besoins non comblés, tels que la faim, la soif ou encore le besoin d’aller aux toilettes. Elles déambulent à la recherche des pièces. N’hésitez pas à faire une signalétique appropriée.

 

  1. L’ennui

L’ennui peut également être une cause de déambulation. Lorsque les personnes n’ont rien à faire, elles sont susceptibles de circuler sans raison. Dans ce cas, la déambulation est un moyen pour eux de chercher de nouvelles expériences et de l’intérêt.

 

  1. Les troubles du sommeil

La maladie d’Alzheimer perturbe les cycles de sommeil dès les stades précoces notamment le cycle sommeil/éveil. Du coup, les personnes touchées se réveillent et cherchent un moyen de s’occuper le temps de récupérer leur envie de dormir.

Les troubles du sommeil peuvent également aggraver d’autres comportements pendant la journée, tels que l’agitation ou l’irritabilité.

Les troubles du sommeil vont aussi augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer en favorisant l’accumulation de protéines toxiques.

 

  1. Les effets secondaires médicamenteux

Certains médicaments psychotropes, tels que les sédatifs et les antipsychotiques peuvent provoquer des effets secondaires comme de l’agitation ou de la confusion, ce qui peut amener les personnes à se déplacer sans but précis.

 

6- Les habitudes antérieures

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont capables aussi de se promener sans but précis simplement parce qu’elles ont pris l’habitude de le faire dans leur vie antérieure. Dans ce cas, la déambulation peut être une réponse automatique à un besoin inconscient. C’est parfois le cas des personnes qui étaient très actives avant la maladie.

II- QUEL EST L’IMPACT SUR LE QUOTIDIEN DES DÉAMBULATIONS ?

Les effets du déambulement se répercutent sur la personne déambulante, mais aussi sur l’aidant.

Les différents impacts sur l’aidant

  1. Du stress et de la fatigue

Les déambulations imprévues du proche sont épuisantes et stressantes. Pour l’avoir vécu, en plus du stress de la situation j’avais le droit au jugement du voisinage sur mon irresponsabilité et le fait que j’étais certainement une enfant mal éduquée pour ne pas savoir gérer cette situation. J’en pleurais tous les jours, mais je sais maintenant que je n’étais ni coupable ni mauvaise. D’ailleurs, à 16 ans, c’est tout aussi compliqué d’être un aidant qu’en étant adulte.

L’aidant est en alerte permanente, prêt à répondre rapidement aux besoins de son proche, même la nuit. J’avais pris l’habitude tous les quarts d’heure lorsque les déambulations se sont empirés de vérifier que tout va bien même la nuit. J’y ai perdu la santé et je le paie encore aujourd’hui.

 

  1. Une perte de temps

Les déambulations entraînent une perte de temps. Par exemple, si l’aidant prépare le dîner et que son proche sort de la maison, l’aidant doit abandonner ce qu’il fait pour aller le chercher. Et quand on ne sait pas comment fonctionne la maladie on peut mettre à certain temps à retrouver son proche. Croyez-moi avant de me former, je dépassais régulièrement la demi-heure.

 

  1. Un isolement social

Les déambulations limitent la capacité de l’aidant à sortir de la maison. Il peut se sentir obligé de rester au domicile pour surveiller ou éviter de laisser seul son proche.

 

En ce qui me concerne dès que mes parents sont tombés malades, j’ai abandonné toute vie sociale à part l’école et encore pour mes professeurs qui me croisaient qu’aux interros j’étais juste une fumiste. J’ai eu un mal fou à faire comprendre aux directeurs de l’époque ce qui se passait dans ma vie et c’est sans compter sur la honte que j’éprouvais d’être en dehors des cases.

 

  1. Un impact émotionnel

Les déambulations ont un impact émotionnel sur l’aidant. L’aidant peut se sentir frustré, découragé ou encore impuissant. Il entre dans un cercle vicieux de culpabilité où il ne veut pas interdire à son proche de sortir, mais en même temps  craint pour sa sécurité.

 

Les différents impacts sur la personne qui déambule

 

  1. Des risques de blessures

Les déambulations augmentent le risque de chutes et d’autres blessures, en particulier si votre proche a des problèmes de mobilité ou de vision. Les blessures peuvent être graves notamment des contusions, des lacérations ou encore des fractures et nécessiter des soins médicaux d’urgence.

 

NB : les chutes sont la première cause de placement en institution.

  1. Des risques de se perdre

Les déambulations augmentent le risque de se perdre, en particulier si votre proche se déplace loin de son domicile ou de son environnement familier. Cette perte peut être très stressante pour vous, mais aussi pour lui. Alors, si cela devait arriver ne le blâmer pas.

  1. Un isolement social

L’aidant peut avoir peur pour son proche et ce dernier peut se retrouver « couper du monde » extérieur. De plus, l’avancé en âge et la maladie réduisant son cercle social petit à petit, votre proche reçoit moins de visite, la perte d’autonomie, le placement, la mort ou encore le déménagement touchant ses connaissances.

 

4- Une somnolence et une perte d’intérêt pour les actes de la vie quotidienne

Le cycle de sommeil de votre proche étant perturbé par la maladie, ce dernier peut somnoler en journée voir s’endormir bien avant l’heure des repas. Quant à son intérêt pour les actes de la vie quotidienne si votre proche est fatigué, il agit comme vous le feriez. Lorsque vous êtes épuisé, vous n’avez pas envie de faire quoi que ce soit, donc pourquoi votre proche en aurait-il envie ?

 

5- Un risque de déshydratation

Si votre proche déambule à l’extérieur, il peut parfaitement oublier de boire suffisamment d’eau, surtout par temps chaud, même si je vous rappelle qu’un senior ne ressent pas la sensation de soif. Cela peut entraîner une déshydratation, voir un coup de chaleur qui est une urgence médicale absolue.

 

6- Un risque d’épuisement

Les déambulations fréquentes peuvent épuiser votre proche. Il peut se sentir fatigué et avoir des difficultés à se reposer suffisamment pour récupérer. La marche c’est du sport, donc, imaginez toutes les heures accumulées sur son corps de senior.

 

7- Un risque d’infections

 Si votre proche se perd ou se promène dans des zones insalubres, cela augmente le risque d’infections, telles que des infections urinaires ou des infections de la peau. Et on connaît tous la chanson : « ce n’est rien, c’est une banale égratignure. » Un de mes oncles s’est retrouvé amputé à cause de cela.

 

8- Une perte de poids

Les déambulations fréquentes peuvent également entraîner une perte de poids, car votre proche peut oublier de manger ou ne pas manger suffisamment de nourriture.

 

Remarque : la déambulation n’a pas que des inconvénients, elle contribue à conserver les capacités motrices de votre proche qui, de plus, peut éprouver un réel plaisir à se promener librement. Déambuler peut s’avérer utile dans la conservation du lien social, notamment avec les autres résidents en établissement.

III- QUELLES SONT LES SOLUTIONS POUR LIMITER LES RISQUES DE DÉAMBULATION ?

Quelle que soit la cause de la déambulation, certaines mesures préventives peuvent être mises en place afin de diminuer les risques pour votre proche.

 

  1. Un espace sécurisé et ordonné.

 Cela signifie éliminer tous les obstacles et les dangers potentiels, tels que les meubles encombrants, les tapis glissants, les fils électriques exposés au sol, les objets contondants…. Vous pouvez également installer des barrières de sécurité pour empêcher votre proche d’accéder à des zones dangereuses, comme l’escalier ou la cuisine. Il est nécessaire d’organiser un chemin facile d’accès sans encombre afin de garantir sa sécurité et éviter les chutes.

 

  1. Des effets personnels accessibles qu’à vous

 Certaines personnes n’iront nulle part sans certains effets personnels tels que leurs papiers, leurs porte-monnaie, leurs clés, leurs chaussures, leurs manteaux… Utilisez cela à votre avantage en plaçant ces objets dans un endroit seulement accessible par vous. Attention, si vous avez des prestataires de service à domicile, votre proche ne retrouvant pas ses affaires pourraient les accuser de les avoir déplacées voir voler.

 

  1. Sécurisez les accès donnant sur l’extérieur

 Ajoutez des verrous aux portes donnant sur l’extérieur.  Vous pouvez installer des dispositifs de sécurité sur les fenêtres pour limiter leurs degrés d’ouverture. Vous pouvez opter pour une alarme d’alerte dès qu’une porte extérieure est ouverte. Si possible, installez aussi une clôture munie d’un portail verrouillé autour du domicile.

 

  1. Camouflez les portes

 C’est une astuce utilisée notamment dans les unités Alzheimer. Camoufler les portes à l’aide de posters ressemblant à des étagères ou à autre chose qu’une porte. Les portes peuvent également être repeintes de la même couleur que les murs pour les rendre plus difficilement repérables.

 

  1. Achetez un bracelet d’identification médicale

 Mettez-y le nom de votre proche, la mention « Alzheimer ou perte de mémoire » votre nom et un numéro de téléphone d’urgence pour vous prévenir. Assurez-vous néanmoins que votre proche le porte en permanence.

 

  1. Prévenez les voisins

 Demandez-leur de vous alerter immédiatement s’ils le voient seul à l’extérieur. Rappelez-vous que plus nombreux seront les gens informés de l’état de votre proche et de sa tendance à déambuler, plus vous recevrez d’aide pour l’empêcher de se perdre.

 

  1. Rendez votre proche visible

 Des bandes fluorescentes peuvent être cousues sur ses vêtements. Ainsi, il sera plus visible et attira l’attention. L’idéal est de coudre sur chaque vêtement son nom, ainsi qu’un numéro de téléphone. 

 

  1. Utilisez de la musique et des chansons

 La musique peut avoir un effet apaisant sur les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer. Utilisez des chansons familières ou des playlists pour vous aider à le calmer et à réduire son besoin de déambuler.

 

  1. Planifiez des activités structurées

 Planifier des activités peut aider à canaliser l’énergie et la déambulation. Tout le monde a besoin de se sentir utile et de s’occuper, c’est pareil avec votre proche même avec la maladie.

Cela peut être des activités simples : plier des vêtements, faire des puzzles, regarder des photos de famille, regarder un film, vous aidez à cuisiner, passer le balai, faire de la lecture, épluchez des légumes, faire un gâteau, arrosez les plantes… Veillez à toujours superviser votre proche pendant ces activités et n’hésitez pas à lui demander s’il veut bien vous aider et participer.

 

  1. Installez des routines quotidiennes

 Votre proche a besoin d’une routine régulière pour se sentir en sécurité et en confiance. Établissez des routines quotidiennes qui lui donneront également un repère temporel : la toilette, la préparation des repas, la prise des repas, la sieste, écouter les informations, regarder sa série préférée, lire le journal le matin, faire une promenade quotidienne…

 

  1. Engager un accompagnant professionnel

 Si vous avez besoin d’aide pour surveiller votre proche et éviter les déambulations, engager un accompagnant professionnel peut être une solution. Un accompagnant formé à la méthode Montessori (moi par exemple) pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peut vous aider à mettre en place des stratégies adaptées et personnalisées pour réduire les déambulations et offrir une stimulation mentale et physique appropriée.

 

  1. De la lumière la nuit

Laissez une lumière allumée, de la nourriture à sa disposition (attention à la chaîne du froid et la taille des bouchées en cas de soucis de déglutition), ou encore une activité accessible. Disposez à sa portée des objets que votre proche aime et qui vont l’occuper. Une fois fatigué, il regagnera son lit pour peu que vous lui en indiquiez le chemin.

Alzy récapitule pour vous :

La déambulation révèle une angoisse, un stress, un stress possible à la douleur, un trouble du sommeil, ou encore l’ennui

La déambulation ne doit pas être contrainte, mais encadrée et surveillée.

– Il est important de noter que la déambulation chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer n’est pas un choix ou une décision consciente

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Qu’est-ce que le syndrome de Capgras ?

QU’EST-CE QUE LE SYNDROME DE CAPGRAS ?

soutien affectif fin de vie

«  Tu n’es pas mon enfant ! Il est plus grand » Décrit pour la première fois en 1923 par le psychiatre français Joseph Capgras bien qu’il ait été observé bien plus tôt, le syndrome de Capgras également appelé « illusion des sosies » est un trouble rare.

Il n’y a pas de consensus sur l’évolution de la prévalence au fil du temps, les experts pensent que la probabilité pourrait augmenter avec le vieillissement de la population. Ce syndrome de Capgras est souvent associé à des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, la démence fronto-temporale, la maladie a corps de Lewy ou encore la schizophrénie.

Dans une partie nous définirons le syndrome de Capgras et ses symptômes. Puis dans une seconde partie, nous analyserons les causes. Et pour finir je vous donnerais quelques conseils pour gérer au mieux les crises.

I -QU’EST-CE QUE LE SYNDROME DE CAPGRAS ?

 

 

DÉFINITION

Le syndrome de Capgras se caractérise par une croyance irrationnelle que les proches de la personne atteinte de la maladie ont été remplacées par des imposteurs. Les personnes touchées ont tendance à reconnaître les visages et les voix familières, mais croient que les personnes qui leur font face ne sont pas, qui elles prétendent être. Il y a toujours un truc qui cloche.

Pour vous donner une petite idée, la première fois que j’ai remarqué ce trouble chez mon père (il avait la maladie à corps de Lewy) il était persuadé que je travaillais pour la DGSI (mon père a très mal vécue une garde à vue au poste quand il faisait « le fou » dans ses jeunes années) alors que j’avais juste passée un entretien d’embauche et que je portais un tailleur ce jour-là.

J’ai mis un certain temps à comprendre et vu qu’il ne voulait pas que je l’approche et me balançait à la figure tout ce qui était à sa portée, j’ai quitté la pièce. J’ai cru au départ qu’il était de mauvaise humeur, ou que c’était une blague de type bataille d’eau. Quand j’étais plus jeune, on faisait des batailles, mais bon un pistolet à eau c’est autre chose qu’une carafe d’eau.

J’ai été me changer et quand je suis revenue, c’était fini. J’ai compris que c’était ma tenue vestimentaire et mon maquillage qui l’avait perturbé, car ce style n’est pas le mien au quotidien.

Remarque : il est important de comprendre que la personne atteinte ne peut pas ni contrôler ses pensées ni ses croyances. Cette maladie peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie de tous les membres de la famille, car sans une grande patience et une bonne compréhension pour désamorcer les crises on peut vite baisser les bras.

Quels sont les symptômes du syndrome de capgras ?

Les symptômes typiques peuvent varier d’une personne à une autre et dépendent de la gravité et de la cause sous-jacente du syndrome. Cependant, voici une liste des symptômes les plus courants, par ordre d’importance :

  1. La conviction que des proches ou des lieux familiers ont été remplacés par des imposteurs ou des répliques

Cette idée délirante est la caractéristique la plus frappante du syndrome de Capgras.

Par exemple, une personne atteinte peut croire que son mari ou sa femme est un imposteur / trice et refuser de lui parler ou de le / la toucher, malgré la ressemblance physique. La personne touchée peut s’agiter, se mettre en colère ou même crier au secours.

De même, une personne peut être convaincue que sa propre maison a été recréée ailleurs et qu’elle vit dans une copie de sa véritable maison.

  1. Des troubles de la reconnaissance des visages et des émotions

Les personnes ayant la maladie de Capgras peuvent avoir des difficultés à reconnaître les visages familiers et les émotions correspondantes. Elles peuvent également avoir des difficultés à interpréter les expressions faciales des autres.

Par exemple, votre proche peut avoir des difficultés à reconnaître son propre visage dans le miroir ou celui de ses proches sur une photo. Il peut également mal interpréter les émotions des autres, par exemple en croyant que quelqu’un est en colère alors que la personne est simplement contrariée.

  1. Des troubles de la cognition et du comportement

Votre proche peut également présenter des troubles cognitifs et comportementaux, tels que la confusion, l’agitation, l’anxiété et l’agressivité et pas seulement en raison du sundowning.

Par exemple, votre proche peut penser qu’il est confondu avec l’identité d’un de ses proches et avoir peur d’être manipulée. Elle peut également être agitée ou agressive envers les personnes qu’elle croit être des imposteurs.

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II- QUELLES SONT LES CAUSES DU SYNDROME DE CAPGRAS ?

Les causes exactes ne sont pas entièrement comprises, mais certaines hypothèses ont été évoquées.

 

Cause n°1 : les lésions cérébrales

Une lésion cérébrale traumatique ou une tumeur cérébrale dans le cortex temporal peut endommager les zones du cerveau qui permettent la reconnaissance des visages et des émotions, ce qui peut causer des troubles de la perception et de la compréhension de la réalité.

 

Cause n°2 : les troubles psychiatriques

Le syndrome de Capgras peut également être associé à des troubles psychiatriques tels que : la schizophrénie, la dépression, l’anxiété ou le trouble bipolaire.

 

Cause n°3 : les déséquilibres chimiques

Des déséquilibres dans les neurotransmetteurs du cerveau, tels que la dopamine et la sérotonine, peuvent altérer les perceptions et les pensées et donc contribuer au développement du syndrome de Capgras

 

Cause n°4 : le traumatisme psychologique

Dans de rares cas, un traumatisme psychologique sévère, tel qu’un événement traumatique ou une perte importante (décès du conjoint), peut engendrer le syndrome de Capgras.

 

Cause n°5 : les facteurs environnementaux

Certaines études ont suggéré que des facteurs environnementaux, tels que le stress émotionnel ou les traumatismes, pourraient conduire au développement du syndrome.

 

Cause n°6 : les maladies neurodégénératives :

Les maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer et la démence fronto-temporale, peuvent endommager les zones du cerveau responsables de la reconnaissance des visages et des émotions, ce qui peut causer des troubles de la perception et de la compréhension de la réalité.

 

Cause n°7 : le gène COMT

Une étude menée en 2011 a identifié un gène spécifique, appelé le gène COMT, qui pourrait être associé à un risque accru de développer des troubles psychotiques

 

Remarque : il faut noter que le syndrome de Capgras est rare et que toutes les personnes qui ont des lésions cérébrales, des troubles psychiatriques ou des dysfonctionnements cognitifs ne le développeront pas nécessairement.

 

Les personnes atteintes du syndrome de Capgras peuvent également exprimer leur croyance en cherchant des preuves de l’imposture, ou en posant des questions répétitives ou encore en évitant les personnes qu’elles croient être des imposteurs par exemple en refusant de leur ouvrir la porte de leur domicile.

 

Cela peut causer des conflits et peut-être difficile pour les soignants et les proches qui cherchent à aider et à soutenir la personne atteinte et c’est sans compter sur la culpabilité de l’aidant.

 

III – COMMENT GÉRER LE SYNDROME DE CAPGRAS ?

1- Rassurer sur l’identité

Si votre proche vous dit qu’il ne vous reconnaît pas ou qu’il pense que vous êtes un imposteur, vous pouvez dire quelque chose comme « Je suis [nom], ton [relation], et je suis là pour t’aider. Vous pouvez également sortir une carte d’identité ou une photo récente de vous deux. Essayez plutôt de lui parler calmement et de le rassurer en lui expliquant que tout va bien.

 

NB : votre proche peut aussi partir du principe que ces preuves sont des faux.

 

2- Établir une relation de confiance 

Il est important d’établir une relation de confiance avec votre proche si ce n’est pas déjà fait. Vous pouvez utiliser des techniques de communication non verbale, telles que le contact visuel, le toucher et le sourire, pour établir un lien émotionnel.

 

3- La validation émotionnelle 

Si votre proche vous dit qu’il ne vous reconnaît toujours pas essayez de reconnaître ses sentiments plutôt que de discuter ou de nier ses croyances. Vous pouvez dire quelque chose comme « Je sais que tu es effrayé ou inquiet en ce moment, et je suis là pour t’aider. » ou encore « Je comprends que cela peut être effrayant et déroutant pour toi de ne pas me reconnaître, et je suis là pour t’aider à traverser cela »

 

Si vous donnez un surnom à votre proche, vous pouvez l’utiliser pour lui montrer que vous avez une relation qu’il ne peut pas avoir avec un étranger.

 

4- Éviter les confrontations

Il est important d’éviter les confrontations avec votre proche. Ne cherchez pas à le convaincre que sa perception est fausse, car cela peut aggraver ses crises. Au lieu de cela, essayez de répondre à ses préoccupations de manière empathique et compréhensive.

 

5- Utiliser des stratégies de diversion

Utiliser des stratégies de diversion pour distraire votre proche et désamorcer la crise. Proposez-lui des activités qu’il apprécie, comme écouter de la musique, regarder un film, ou encore regarder des photos de famille pour l’aider à se concentrer sur des choses positives

 

6- Éviter de refléter les croyances délirantes 

Ne jouez pas le jeu en prétendant que votre proche a peut-être raison, mais que vous n’avez pas le temps pour ses bêtises et que vous en parlerez une autre fois.

 

7- Ne prenez pas les commentaires de votre proche personnellement

Je sais que cela va être difficile, je suis passée par là. Il est important de comprendre que le syndrome de Capgras est un symptôme et que les commentaires de votre proche ne sont pas personnels. Essayez de rester calme et de ne pas prendre ses commentaires à cœur, bien qu’il puisse être très dur dans ses mots.

 

8- Évitez les situations qui déclenchent les crises

Si vous connaissez les situations qui déclenchent le syndrome de Capgras chez votre proche, essayez de les éviter autant que possible. Par exemple, si votre proche a du mal à vous reconnaître dans une pièce sombre, essayez de maintenir la pièce bien éclairée.

 

9- Répéter ce qu’il dit

En répétant ce que votre proche dit, vous lui montrez que vous comprenez ses préoccupations et vous encouragez la communication.

Par exemple, si votre proche vous dit qu’il pense que vous êtes un imposteur, vous pouvez dire « Donc, tu penses que je ne suis pas la vraie moi ? « Je suis [nom], ton [relation], et nous sommes chez toi »

Vous pouvez lui rappeler des faits réels pour l’aider à comprendre la réalité.

 

10- Utilisation de métaphores

Les métaphores peuvent être utilisées pour aider à valider les sentiments de votre proche. Par exemple, si votre proche dit qu’il se sent comme s’il était dans un film, vous pouvez dire : « Je peux comprendre pourquoi tu peux penser que cela ressemble à un film, mais nous sommes dans la réalité. »

 

11- Rappeler les souvenirs

Si votre proche se sent confus ou désorienté, vous pouvez rappeler des souvenirs heureux ou des événements familiers. Par exemple, vous pouvez dire : « Tu te souviens de notre dernière sortie au parc ensemble ? »

 

 12- Restez positifs et rassurant

Il est important d’être positif et rassurant avec votre proche. Essayez de lui rappeler que vous êtes là pour l’aider et que vous êtes un de ses soutiens au quotidien. Vous pouvez même lui demander de vous interroger sur sa vie par exemple : date de mariage, nom des enfants, ses études, noms de ses parents….

 

13- Demander de l’aide

N’hésitez pas à demander l’aide à des professionnels de la santé mentale pour gérer le syndrome de Capgras chez votre proche. Ils peuvent vous fournir des conseils et des techniques supplémentaires. N’hésitez pas non plus à vous former à ce sujet.

 

14- Considérez un traitement médicamenteux

 

Si votre proche est très perturbé par ses croyances délirantes, un traitement médicamenteux peut être retenu. Parlez-en à votre médecin traitant.

Alzy récapitule pour vous :

– Le syndrome de Capgras, est un trouble neuropsychiatrique rare dans lequel une personne croit que ses proches ont été remplacés par des imposteurs ou des doubles.

 

– Il est important de noter que la validation est une technique qui peut aider à améliorer la communication et à réduire les comportements difficiles associés au syndrome de Capgras

 

– Il est conseillé de travailler avec des professionnels de la santé pour déterminer la meilleure approche à adopter pour votre proche

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