Qu’est-ce que le syndrome de Capgras ?

QU’EST-CE QUE LE SYNDROME DE CAPGRAS ?

soutien affectif fin de vie

«  Tu n’es pas mon enfant ! Il est plus grand » Décrit pour la première fois en 1923 par le psychiatre français Joseph Capgras bien qu’il ait été observé bien plus tôt, le syndrome de Capgras également appelé “illusion des sosies” est un trouble rare.

Il n’y a pas de consensus sur l’évolution de la prévalence au fil du temps, les experts pensent que la probabilité pourrait augmenter avec le vieillissement de la population. Ce syndrome de Capgras est souvent associé à des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, la démence fronto-temporale, la maladie a corps de Lewy ou encore la schizophrénie.

Dans une partie nous définirons le syndrome de Capgras et ses symptômes. Puis dans une seconde partie, nous analyserons les causes. Et pour finir je vous donnerais quelques conseils pour gérer au mieux les crises.

I -QU’EST-CE QUE LE SYNDROME DE CAPGRAS ?

 

 

DÉFINITION

Le syndrome de Capgras se caractérise par une croyance irrationnelle que les proches de la personne atteinte de la maladie ont été remplacées par des imposteurs. Les personnes touchées ont tendance à reconnaître les visages et les voix familières, mais croient que les personnes qui leur font face ne sont pas, qui elles prétendent être. Il y a toujours un truc qui cloche.

Pour vous donner une petite idée, la première fois que j’ai remarqué ce trouble chez mon père (il avait la maladie à corps de Lewy) il était persuadé que je travaillais pour la DGSI (mon père a très mal vécue une garde à vue au poste quand il faisait « le fou » dans ses jeunes années) alors que j’avais juste passée un entretien d’embauche et que je portais un tailleur ce jour-là.

J’ai mis un certain temps à comprendre et vu qu’il ne voulait pas que je l’approche et me balançait à la figure tout ce qui était à sa portée, j’ai quitté la pièce. J’ai cru au départ qu’il était de mauvaise humeur, ou que c’était une blague de type bataille d’eau. Quand j’étais plus jeune, on faisait des batailles, mais bon un pistolet à eau c’est autre chose qu’une carafe d’eau.

J’ai été me changer et quand je suis revenue, c’était fini. J’ai compris que c’était ma tenue vestimentaire et mon maquillage qui l’avait perturbé, car ce style n’est pas le mien au quotidien.

Remarque : il est important de comprendre que la personne atteinte ne peut pas ni contrôler ses pensées ni ses croyances. Cette maladie peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie de tous les membres de la famille, car sans une grande patience et une bonne compréhension pour désamorcer les crises on peut vite baisser les bras.

Quels sont les symptômes du syndrome de capgras ?

Les symptômes typiques peuvent varier d’une personne à une autre et dépendent de la gravité et de la cause sous-jacente du syndrome. Cependant, voici une liste des symptômes les plus courants, par ordre d’importance :

  1. La conviction que des proches ou des lieux familiers ont été remplacés par des imposteurs ou des répliques

Cette idée délirante est la caractéristique la plus frappante du syndrome de Capgras.

Par exemple, une personne atteinte peut croire que son mari ou sa femme est un imposteur / trice et refuser de lui parler ou de le / la toucher, malgré la ressemblance physique. La personne touchée peut s’agiter, se mettre en colère ou même crier au secours.

De même, une personne peut être convaincue que sa propre maison a été recréée ailleurs et qu’elle vit dans une copie de sa véritable maison.

  1. Des troubles de la reconnaissance des visages et des émotions

Les personnes ayant la maladie de Capgras peuvent avoir des difficultés à reconnaître les visages familiers et les émotions correspondantes. Elles peuvent également avoir des difficultés à interpréter les expressions faciales des autres.

Par exemple, votre proche peut avoir des difficultés à reconnaître son propre visage dans le miroir ou celui de ses proches sur une photo. Il peut également mal interpréter les émotions des autres, par exemple en croyant que quelqu’un est en colère alors que la personne est simplement contrariée.

  1. Des troubles de la cognition et du comportement

Votre proche peut également présenter des troubles cognitifs et comportementaux, tels que la confusion, l’agitation, l’anxiété et l’agressivité et pas seulement en raison du sundowning.

Par exemple, votre proche peut penser qu’il est confondu avec l’identité d’un de ses proches et avoir peur d’être manipulée. Elle peut également être agitée ou agressive envers les personnes qu’elle croit être des imposteurs.

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II- QUELLES SONT LES CAUSES DU SYNDROME DE CAPGRAS ?

Les causes exactes ne sont pas entièrement comprises, mais certaines hypothèses ont été évoquées.

 

Cause n°1 : les lésions cérébrales

Une lésion cérébrale traumatique ou une tumeur cérébrale dans le cortex temporal peut endommager les zones du cerveau qui permettent la reconnaissance des visages et des émotions, ce qui peut causer des troubles de la perception et de la compréhension de la réalité.

 

Cause n°2 : les troubles psychiatriques

Le syndrome de Capgras peut également être associé à des troubles psychiatriques tels que : la schizophrénie, la dépression, l’anxiété ou le trouble bipolaire.

 

Cause n°3 : les déséquilibres chimiques

Des déséquilibres dans les neurotransmetteurs du cerveau, tels que la dopamine et la sérotonine, peuvent altérer les perceptions et les pensées et donc contribuer au développement du syndrome de Capgras

 

Cause n°4 : le traumatisme psychologique

Dans de rares cas, un traumatisme psychologique sévère, tel qu’un événement traumatique ou une perte importante (décès du conjoint), peut engendrer le syndrome de Capgras.

 

Cause n°5 : les facteurs environnementaux

Certaines études ont suggéré que des facteurs environnementaux, tels que le stress émotionnel ou les traumatismes, pourraient conduire au développement du syndrome.

 

Cause n°6 : les maladies neurodégénératives :

Les maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer et la démence fronto-temporale, peuvent endommager les zones du cerveau responsables de la reconnaissance des visages et des émotions, ce qui peut causer des troubles de la perception et de la compréhension de la réalité.

 

Cause n°7 : le gène COMT

Une étude menée en 2011 a identifié un gène spécifique, appelé le gène COMT, qui pourrait être associé à un risque accru de développer des troubles psychotiques

 

Remarque : il faut noter que le syndrome de Capgras est rare et que toutes les personnes qui ont des lésions cérébrales, des troubles psychiatriques ou des dysfonctionnements cognitifs ne le développeront pas nécessairement.

 

Les personnes atteintes du syndrome de Capgras peuvent également exprimer leur croyance en cherchant des preuves de l’imposture, ou en posant des questions répétitives ou encore en évitant les personnes qu’elles croient être des imposteurs par exemple en refusant de leur ouvrir la porte de leur domicile.

 

Cela peut causer des conflits et peut-être difficile pour les soignants et les proches qui cherchent à aider et à soutenir la personne atteinte et c’est sans compter sur la culpabilité de l’aidant.

 

III – COMMENT GÉRER LE SYNDROME DE CAPGRAS ?

1- Rassurer sur l’identité

Si votre proche vous dit qu’il ne vous reconnaît pas ou qu’il pense que vous êtes un imposteur, vous pouvez dire quelque chose comme “Je suis [nom], ton [relation], et je suis là pour t’aider. Vous pouvez également sortir une carte d’identité ou une photo récente de vous deux. Essayez plutôt de lui parler calmement et de le rassurer en lui expliquant que tout va bien.

 

NB : votre proche peut aussi partir du principe que ces preuves sont des faux.

 

2- Établir une relation de confiance 

Il est important d’établir une relation de confiance avec votre proche si ce n’est pas déjà fait. Vous pouvez utiliser des techniques de communication non verbale, telles que le contact visuel, le toucher et le sourire, pour établir un lien émotionnel.

 

3- La validation émotionnelle 

Si votre proche vous dit qu’il ne vous reconnaît toujours pas essayez de reconnaître ses sentiments plutôt que de discuter ou de nier ses croyances. Vous pouvez dire quelque chose comme “Je sais que tu es effrayé ou inquiet en ce moment, et je suis là pour t’aider. » ou encore « Je comprends que cela peut être effrayant et déroutant pour toi de ne pas me reconnaître, et je suis là pour t’aider à traverser cela »

 

Si vous donnez un surnom à votre proche, vous pouvez l’utiliser pour lui montrer que vous avez une relation qu’il ne peut pas avoir avec un étranger.

 

4- Éviter les confrontations

Il est important d’éviter les confrontations avec votre proche. Ne cherchez pas à le convaincre que sa perception est fausse, car cela peut aggraver ses crises. Au lieu de cela, essayez de répondre à ses préoccupations de manière empathique et compréhensive.

 

5- Utiliser des stratégies de diversion

Utiliser des stratégies de diversion pour distraire votre proche et désamorcer la crise. Proposez-lui des activités qu’il apprécie, comme écouter de la musique, regarder un film, ou encore regarder des photos de famille pour l’aider à se concentrer sur des choses positives

 

6- Éviter de refléter les croyances délirantes 

Ne jouez pas le jeu en prétendant que votre proche a peut-être raison, mais que vous n’avez pas le temps pour ses bêtises et que vous en parlerez une autre fois.

 

7- Ne prenez pas les commentaires de votre proche personnellement

Je sais que cela va être difficile, je suis passée par là. Il est important de comprendre que le syndrome de Capgras est un symptôme et que les commentaires de votre proche ne sont pas personnels. Essayez de rester calme et de ne pas prendre ses commentaires à cœur, bien qu’il puisse être très dur dans ses mots.

 

8- Évitez les situations qui déclenchent les crises

Si vous connaissez les situations qui déclenchent le syndrome de Capgras chez votre proche, essayez de les éviter autant que possible. Par exemple, si votre proche a du mal à vous reconnaître dans une pièce sombre, essayez de maintenir la pièce bien éclairée.

 

9- Répéter ce qu’il dit

En répétant ce que votre proche dit, vous lui montrez que vous comprenez ses préoccupations et vous encouragez la communication.

Par exemple, si votre proche vous dit qu’il pense que vous êtes un imposteur, vous pouvez dire “Donc, tu penses que je ne suis pas la vraie moi ? “Je suis [nom], ton [relation], et nous sommes chez toi”

Vous pouvez lui rappeler des faits réels pour l’aider à comprendre la réalité.

 

10- Utilisation de métaphores

Les métaphores peuvent être utilisées pour aider à valider les sentiments de votre proche. Par exemple, si votre proche dit qu’il se sent comme s’il était dans un film, vous pouvez dire : « Je peux comprendre pourquoi tu peux penser que cela ressemble à un film, mais nous sommes dans la réalité. »

 

11- Rappeler les souvenirs

Si votre proche se sent confus ou désorienté, vous pouvez rappeler des souvenirs heureux ou des événements familiers. Par exemple, vous pouvez dire : « Tu te souviens de notre dernière sortie au parc ensemble ? »

 

 12- Restez positifs et rassurant

Il est important d’être positif et rassurant avec votre proche. Essayez de lui rappeler que vous êtes là pour l’aider et que vous êtes un de ses soutiens au quotidien. Vous pouvez même lui demander de vous interroger sur sa vie par exemple : date de mariage, nom des enfants, ses études, noms de ses parents….

 

13- Demander de l’aide

N’hésitez pas à demander l’aide à des professionnels de la santé mentale pour gérer le syndrome de Capgras chez votre proche. Ils peuvent vous fournir des conseils et des techniques supplémentaires. N’hésitez pas non plus à vous former à ce sujet.

 

14- Considérez un traitement médicamenteux

 

Si votre proche est très perturbé par ses croyances délirantes, un traitement médicamenteux peut être retenu. Parlez-en à votre médecin traitant.

Alzy récapitule pour vous :

– Le syndrome de Capgras, est un trouble neuropsychiatrique rare dans lequel une personne croit que ses proches ont été remplacés par des imposteurs ou des doubles.

 

– Il est important de noter que la validation est une technique qui peut aider à améliorer la communication et à réduire les comportements difficiles associés au syndrome de Capgras

 

– Il est conseillé de travailler avec des professionnels de la santé pour déterminer la meilleure approche à adopter pour votre proche

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Qu’est-ce que c’est la maladie d’Alzheimer précoce ?

QU’EST-CE QUE C’EST LA MALADIE D’ALZHEIMER PRÉCOCE ?

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Les idées reçues concernant la maladie d’Alzheimer ont la vie dure, je ne vous l’apprends pas. Aujourd’hui, on va réfuter celle-ci : la maladie d’Alzheimer ce n’est que pour les « vieux ». Certes, cette maladie neurodégénérative concerne en général les seniors, mais contrairement aux idées reçues, ce n’est pas qu’une maladie de senior.

Il existe la maladie d’Alzheimer précoce et les personnes atteintes ne sont pas toujours comprises ou reconnues dans leurs difficultés. Et c’est sans compter, le retard de diagnostic, car on pense le plus souvent à autre chose que la maladie des 4 A.

Mais, c’est quoi la maladie d’Alzheimer précoce et comment pose-t-on le diagnostic ? Est-ce que c’est les mêmes symptômes que la maladie d’Alzheimer des seniors ? Il y a-t’-il des avantages au diagnostic précoce ?

I – QU’EST-CE QUE LA MALADIE D’ALZHEIMER PRÉCOCE ET COMMENT POSE-T-ON LE DIAGNOSTIC ?

 

 

Il faut savoir que généralement le facteur de risque de l’âge de la maladie d’Alzheimer double par tranche de 5 ans à partir de 65 ans d’où le fait que beaucoup d’individus pensent que cela est une maladie de « vieux ». La maladie se déclare vers 79 ans.

Or, une personne qui développe la maladie d’Alzheimer avant l’âge de 60 ans est considéré comme un malade jeune. Parfois, cela touche même des personnes de moins de 40 ans et pour information le plus jeune cas de France a dans la vingtaine. En France, le chiffre de janvier 2021 était de 33 000 patients de moins de 60 ans.

COMMENT DÉPISTE-T-ON UN ALZHEIMER PRÉCOCE ?

Il faut d’abord garder à l’esprit que si la personne est jeune on ne pense pas tout de go à la maladie d’Alzheimer surtout si l’âge est de moins de 65 ans (et c’est encore plus valable lorsqu’on passe en dessous de la quarantaine). La première cause envisagée est souvent la dépression.

De plus, certaines maladies associées à la maladie d’Alzheimer peuvent toucher des jeunes. D’ailleurs, 50% des jeunes atteints le sont par une maladie associée et non par la maladie d’Alzheimer elle-même. C’est pour cela que c’est ce qu’on cherche après avoir écarté une possible dépression.

 

Quant au diagnostic de la maladie d’Alzheimer jeune, il est établi de la même manière que l’autre forme. Le diagnostic est posé après une IRM ou un scanner qui est complété par une ponction lombaire. Cette dernière  bien que coûteuse permet de détecter les jeunes malades 5 ans après les premiers signes et cela tombe à 3 ans pour les seniors.

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II- LA MALADIE D’ALZHEIMER PRÉCOCE A-T-ELLE LES MÊMES SYMPTÔMES QUE CELLES DES SENIORS ?

Oui, les symptômes sont identiques que cela soit pour les jeunes ou les seniors. La grande différence pourrait être possiblement l’impression de « vieillir avant l’heure »pour une jeune personne atteinte.

 

Il y a deux grandes classes de type de symptômes, à savoir les troubles cognitifs et les troubles du comportement.

 

Pour les troubles cognitifs, on retrouve :

 

– les troubles de mémoire

– le trouble de l’attention

– le trouble du langage

– les troubles de l’orientation spatiale et temporelle

– le trouble des praxies

Remarque : ces troubles n’émergent pas tous en même temps et arrivent de manière insidieuse et c’est pour cela que la pose de diagnostic est si difficile.

NB : Les troubles peuvent évoluer très rapidement en l’absence d’un suivi médical adapté et aussi sans stimulation cognitive. Heureusement, il existe de nombreuses méthodes de stimulation afin de ralentir le déclin cognitif.

 

En ce qui concerne les troubles du comportement qui, je vous le rappelle exprime un besoin non satisfait, il y a deux troubles du comportement chez la personne atteinte précocement qui ressortent du lot : l’anxiété et la dépression. Évidemment, il existe d’autres troubles du comportement liés à la maladie d’Alzheimer, mais 1 personne atteinte sur 2 sera touchée.

 

L’anxiété est un des premiers troubles à se déclarer. Avant le diagnostic, la personne atteinte ne comprend pas ce qui lui arrive et pense avoir quelque chose de grave. Quand le verdict tombe l’anxiété est plus liée à l’évolution « rapide » de la perte de mémoire, d’autonomie, de vie sociale et aussi l’angoisse de la mort, car la maladie est incurable.

 

Il y a aussi le fait de « devenir vieux avant l’heure » ou même de se dire qu’on ne sera jamais parents ou que l’on ne verra pas grandir ses enfants. On peut aussi noter la possible transmission héréditaire et donc un sentiment de culpabilité.

 

Ce qui est compliqué avec l’anxiété c’est qu’elle peut aussi avoir d’autres facteurs comme : le travail, les soucis de famille, les carences…

 

La dépression est courante dans la maladie d’Alzheimer, car la personne se rend compte de sa perte d’autonomie et pour une personne jeune c’est considéré comme de l’injustice, car souvent la personne pense que c’était que des seniors qui sont touchés. Il y a un réel manque d’information concernant la maladie d’Alzheimer précoce, j’ai rencontré pas mal d’aidant qui ignoraient même son existence.

 

Remarque : la dépression va souvent de pair avec la dévalorisation, l’apathie et les troubles du comportement alimentaire.

III – QUELS SONT LES AVANTAGES DU DIAGNOSTIC PRÉCOCE ?

 

La pose rapide du diagnostic permet à la personne atteinte et à son entourage d’avoir le temps de se renseigner sur la maladie, de poser des buts réalistes à atteindre dans la vie quotidienne et ainsi anticiper ensemble l’avenir. Le diagnostic précoce apporte de nombreux bénéfices. En voici, une petite liste non exhaustive :

 

Savoir exactement où vous mettez les pieds

 

La déprime, les maladies de la glande thyroïde, les infections diverses ou encore les effets secondaires de certains médicaments peuvent faire croire à un début de la maladie d’Alzheimer, car ils en imitent les symptômes. Un diagnostic clair, à la suite d’examens médicaux complets, confirmera ou infirmera la maladie.

 

Assister et collaborer de manière active aux décisions sur les soins de santé et l’avenir de la personne atteinte

 

Au début de la maladie d’Alzheimer, la personne touchée est plus apte à communiquer efficacement ses décisions concernant ses soins de santé et son avenir.

 

Améliorer l’efficience des médicaments.

 

Les médicaments actuels ont pour but de freiner la maladie et ne sont pas curatifs. Ils ont été créés pour ralentir le déclin cognitif et les troubles du comportement voilà pourquoi ils sont plus efficaces en début de stade.

 

Se concentrer sur ce qui compte vraiment

 

Le diagnostic précoce va pouvoir permettre à la personne touchée de classifier ses priorités en fonction de ce qui compte le plus dans sa vie : voyager, poursuivre de nouveaux objectifs, maintenir son autonomie, décider du moment où il arrêtera de travailler.

 

Accroître son autonomie en appuyant ses choix

 

Le verdict Alzheimer acté va permettre à la personne atteinte d’anticiper et de participer à la gestion financière et juridique, sans oublier ses soins de santé. Elle peut vous communiquer ses volontés.

 

Bénéficier des ressources accessibles

 

La personne touchée et le reste de la famille peuvent utiliser des services d’information, de soutien et de formation pour gérer les répercussions de la maladie dans la vie quotidienne.

 

Accompagner les familles

 

Quand l’aidant familial (ainsi que les amis) comprennent les épreuves, les tenants et aboutissants de la maladie d’Alzheimer, ils peuvent mieux accompagner au quotidien et soutenir les professionnels de santé qui interviennent à domicile.

 

Devenir porte-parole

 

La personne touchée, à un stade précoce ou léger, peut devenir un porte-drapeau formidable pour augmenter la sensibilisation du public et faire valoir la nécessité d’offrir des soins de qualité, et une meilleure qualité de vie aux personnes atteintes et potentiellement aider au financement de la recherche.

 

Faire accélérer la recherche

 

La personne vivant avec la maladie peut également devenir volontaire pour des essais cliniques et d’autres projets de recherche afin d’optimiser le diagnostic et les techniques de soins.

 

Affaiblir la stigmatisation

 

Dans l’imaginaire collectif, une fois le verdict Alzheimer tombé on s’imagine que c’est terminé et que l’on ne sait plus rien faire. Alors que si le diagnostic est posé tôt, il est possible de continuer de vivre une vie bien remplie et même après.

 

Si la personne touchée partage sa vie quotidienne avec la maladie, elle peut réduire la stigmatisation et encourager d’autres personnes à aller chercher de l’aide. Elle montre qu’il existe toujours la vie

 

Alzy récapitule pour vous :

– Il existe deux formes de la maladie d’Alzheimer dont une qui est la maladie d’Alzheimer précoce.

– Il y a actuellement 33000 personnes de – 60 ans en France touchées par la maladie

– Un diagnostic précoce peut avoir de nombreux avantages.

 

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COMMENT FAIRE FACE À L’ANGOISSE GÉNÉRÉE PAR LE DÉBUT DE LA MALADIE D’ALZHEIMER ?

COMMENT FAIRE FACE À L’ANGOISSE GÉNÉRÉE PAR LE DÉBUT DE LA MALADIE D’ALZHEIMER ?>

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La maladie d’Alzheimer est un véritable enjeu de la santé publique et le nombre de personne atteinte de la maladie sera multiplié par quatre d’ici 2050. Lorsque le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est posé, un certain nombre de facteurs vont venir caractériser cette dernière. Et parmi ceux-là se trouve l’angoisse présente dès le début de la maladie. Il faut noter qu’une personne atteinte sur deux est ou sera sujette à l’angoisse ou la dépression.

Dans un premier temps, nous analyserons les causes de l’angoisse. Puis dans un second temps nous expliquerons comment accompagner une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer en cas de crise d’angoisse. Dans un dernier temps, nous vous donnerons quelques conseils pour vous faire accompagner en tant qu’aidant.

I – QUELLES SONT LES CAUSES DE L’ANGOISSE GÉNÉRÉES PAR LA MALADIE D’ALZHEIMER ?

Il faut noter qu’avant même la pose du diagnostic de la maladie, la personne atteinte se rend compte de ses troubles et les personnes de son entourage aussi. Elle remarque qu’elle perd la mémoire (symptôme de l’oubliette), oublie des rendez-vous, perd son chemin dans des lieux connus, oublie où elle va lorsqu’elle conduit, ne sait plus où sont ses clés ou encore laisse la nourriture brûlée…

En face de ces désagréments, elle angoisse à cause de la survenue possible d’une autre catastrophe qui bouleverse son planning, car il faut tout refaire : le repas, prendre le rendez-vous, passe des heures à chercher ses clés etc.

Puis arrive la pose du diagnostic fatidique, elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer, son monde s’écroule et les questions fusent de toute part comme : va-t-elle finir en ehpad ? Que va devenir la personne qui partage sa vie ? Comment réagiront ses enfants ou ses amis si elle ne les reconnaît plus ? Peut-elle être un danger pour la société, en créant un incendie involontaire ?

 

Quels sont les facteurs qui caractérisent la maladie d’Alzheimer ?

 

La maladie d’Alzheimer n’est pas seulement un trouble de la mémoire qui est le premier trouble visible. Progressivement elle va empêcher d’autres fonctions cognitives comme le langage, l’attention, la réalisation de tâches et activités quotidiennes… La maladie empêche la personne de compter sur elle-même au quotidien.

On distingue souvent trois stades de démence :

– déclin cognitif léger

– déclin modéré

– déclin sévère

 

L’échelle de Reisberg permet aux professionnels de santé de déterminer le traitement et la prise en charge la plus adaptée pour le malade d’Alzheimer et ses aidants familiaux. Chaque stade  (un total de 7) a ses propres caractéristiques

Diagnostic

Stade de la maladie

Symptômes

Pas de démence

Stade 1 : Pas de déclin cognitif

À ce stade, la personne n’éprouve pas de difficultés dans la vie quotidienne. Elle ne présente aucun symptôme de la maladie d’Alzheimer : ni trouble de mémoire ni changements de comportement caractéristiques de la maladie.  

Pas de démence

Stade 2 : Déclin cognitif très léger

Ce stade décrit les pertes de mémoire normales associées avec le vieillissement :
– oublier des noms,
– ne plus se souvenir où l’on a laissé ses clés.
Les aidants familiaux ne remarquent généralement pas ces très légers déficits cognitifs.
Ce stade s’inscrit dans l’échelle de Reisberg, même s’il ne s’agit pas encore de la maladie d’Alzheimer. Ces symptômes précèdent néanmoins souvent un déclin cognitif plus important.  

Pas de démence

Stade 3 : Déclin cognitif léger

Lorsque les pertes de mémoire et les troubles cognitifs deviennent plus fréquents et commencent à être remarqués par les aidants, la personne atteint ce qu’on appelle le stade du « déficit cognitif léger ».
Les symptômes souvent observés sont :
– pertes de mémoire plus fréquentes,
– légère difficulté à se concentrer,
– baisse de performance,
– difficulté à trouver les bons mots,
– répétitions verbales,
– tendance à s’égarer plus souvent.
Il s’agit d’une phase intermédiaire entre l’oubli bénin et la maladie d’Alzheimer.
Ce stade dure en moyenne sept ans jusqu’à l’apparition de la démence.

Stade léger

Stade 4 : Déclin cognitif modéré

À ce point, la personne présente clairement des signes de déficit mental et cognitif, indiquant un début de démence ou de maladie d’Alzheimer.
Les symptômes mentionnés au stade 3 se renforcent :
– déclin de la mémoire des événements récents,
– difficultés à se concentrer,
– difficultés à conduire ou à se rendre seul quelque part,
– difficultés à gérer ses finances,
– difficultés à accomplir précisément des tâches complexes.
Les aidants doivent faire attention aux signes d’alerte suivants :
– déni de ces symptômes de la maladie d’Alzheimer,
– retrait social,
– manque de réactivité,
– humeur maussade…
À ce stade, le médecin peut détecter des problèmes cognitifs lors de l’examen du patient.
Durée moyenne : deux ans.  

Stade modéré

Stade 5 : Déclin cognitif relativement grave

À partir de ce stade de la maladie d’Alzheimer, le patient risque de ne plus être capable de s’acquitter normalement des tâches du quotidien.
– Il a ainsi besoin d’aide pour se laver, s’habiller, préparer les repas ;
– Les problèmes de mémoire sont de plus en plus sérieux et touchent des aspects importants de la vie : le patient peut oublier son adresse, son numéro de téléphone, le jour ou l’endroit où il se trouve.
Durée moyenne : un an et demi.  

Stade modéré

Stade 6 : Déclin cognitif grave

Ce stade se caractérise par un besoin d’aide accru du patient atteint de la maladie d’Alzheimer, même pour effectuer des tâches simples du quotidien : s’habiller, manger, utiliser les toilettes et assurer son hygiène corporelle.
Autres symptômes :
– troubles du sommeil,
– incontinence,
– plus grande difficulté à parler,
– difficulté à compter jusqu’à 10 ou à finir une tâche,
– changements de la personnalité : paranoïa, hallucinations, compulsions, anxiété, agitation…
– oubli des noms des proches et très mauvaise mémoire des événements récents,
– difficultés à reconnaître des proches.
Durée moyenne : deux ans et demi.  

Stade avancé

Stade 7 : Déclin cognitif très grave

À ce stade, le patient n’est pratiquement plus capable de parler ou de communiquer.
Il a besoin d’aide pour presque toutes les activités du quotidien.
Il perd souvent ses capacités psychomotrices, par exemple la marche.
La gestion de la maladie devient très compliquée pour les aidants.
Durée moyenne : deux ans et demi.

Remarque : les durées en sont que des statistiques, on ne peut pas prédire l’évolution de la maladie dans le temps avec certitude, cela dépend des individus.

 

A la lecture des symptômes présents dans le tableau, il est évident qu’il est difficile de ne pas être angoissé par la situation.

 

Les troubles de mémorisation font que la personne atteinte ne peut plus suivre les événements de la vie comme auparavant et on peut imaginer que c’est un manque d’intérêt, excepté que c’est faux, c’est juste trop compliqué. C’est pour cela qu’avec l’évolution de la maladie vous vous trouvez en tant qu’aidant en face du : je dois aller chercher les enfants à l’école par exemple. Le présent et le passé se confondent (syndrome de la machine à remonter le temps).

 

 

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II- COMMENT ACCOMPAGNER UNE PERSONNE VIVANT AVEC LA MALADIE D’ALZHEIMER EN CAS DE CRISE D’ANGOISSE ?

 

 Chaque individu étant unique, la réaction de la pose du diagnostic le sera aussi. Nous allons vous donner quelques pistes, selon le comportement.

Votre proche peut :

– Se refermer sur lui-même

Donnez-lui du temps et rassurer le sur le fait que vous serez là pour lui ou elle.

– Mettre en doute le diagnostic

En rentrer pas dans on jeu. S’il ne veut pas entendre le médecin, vous non plus. Dites lui plutôt que ces « soucis » de mémoire vont l’embêter et que si on peut les stabiliser cela serait bien d’essayer et que cela vous rassurerait.

– Avoir besoin de parler avec vous ou d’autres professionnels

Dans ce cas-là, tournez-vous vers le clic de votre département ou encore les associations d’aidants.

Se dévaloriser

Les jours suivants le diagnostic, elles penseront qu’elles ne sont plus capables de faire quoi que ce soit, même si elles le faisaient très bien avant. Auquel cas rassurez le ou la, et participer. Par exemple : elle ne pense plus savoir faire votre poulet rôti du dimanche. Ne la sermonner pas, mais plutôt dites : je veux bien le faire, mais j’aurai besoin de ton aide et au fur et à mesure laisser la faire la recette.

III- CONSEILS POUR BIEN COMMUNIQUER

Accompagner au quotidien une personne atteinte de troubles cognitifs évolutifs est un parcours du combattant. Il va s’agir en tant qu’aidant de s’adapter rapidement et savoir décrypter les troubles afin d’éviter les réflexions agressives et culpabilisantes. Votre relation avec elle va être un soutien primordial afin qu’elle se sente encore utile.

 

Tout d’abord il va falloir retenir un point crucial:

 

– Les conflits avec votre proche sont souvent générés par votre propre « ras le bol ». Vous vous énervez donc, il fait pareil. Et si vous étiez à sa place, ne feriez-vous pas la même chose ? (vidéo : comment analyser un trouble du comportement)

 

Essayez plutôt de suivre ses 10 commandements ( issus de la méthode Montessori pour les seniors) :

1 – Ne jamais discuter, plutôt être d’accord

2 – Ne jamais raisonner, détourner à la place

3 – Pas de honte, essayez plutôt la distraction

4 – Ne jamais sermonner, plutôt rassurer le ou la

5 – Ne jamais dire « souviens-toi », rappelez le souvenir

6 – Ne jamais dire «  Je te l’ai déjà dit », mais répéter

7 – Ne jamais dire «  tu ne peux pas », mais plutôt fais ce que tu peux et je fais le reste

8 – Ne jamais exiger ou ordonner, à la place demandé ou montrer ce que vous voulez

9 – Ne soyez pas condescendant, mais encouragez le ou la

10 – Ne forcez jamais, renforcez ce qui fonctionne

Soyez surtout dans une attitude positive au maximum, car plus vous êtes doux et gentil plus vous avez de chances d’obtenir la même chose. Pensez à lui sourire, car sourire fait apparaître un sourire sur le visage en face du vôtre.

La première chose que perd une personne atteinte la maladie d’Alzheimer c’est son estime de soi alors montrez-lui qu’elle est encore capable de faire des choses pour vous aider. Utilisez ses capacités préservées au maximum.

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Alzy récapitule pour vous :  

– La pose du diagnostic de la maladie d’Alzheimer peut être une grosse source d’angoisse.

 

– Votre rôle en tant qu’aidant est primordial pour que la personne ne devienne pas l’actrice de l’accélération de sa perte d’autonomie.

 

– Apprenez à comprendre la maladie va vous permettre de mieux faire face aux différents stades. N’hésitez pas à vous former.

 

– Restez zen et souriez. La joie et la bonne humeur sont communicatives.

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